
Horace, cheval de l’Ouest, a été, on s’en souvient bien (ce qui ne rajeunit pas) un des héros les plus appréciés du magazine Pif dans les années 1970, revient le 28 avril dans un second volume. Après les deux tomes de Supermatou publiés en 2023 et en 2025, Revival continue son travail de réédition patrimoniale de l’œuvre de Jean‑Claude Poirier dans des albums cartonnés grand format dans une qualité superbe. La Galerie Champaka à Bruxelles a consacré une exposition au travail de Jean‑Claude Poirier. De nombreuses planches originales de Supermatou et Horace sont mises en vente sur leur site.

Aboutissement d’une aventure éditoriale saluée par la presse, les libraires et les lecteurs, à juste titre ce dernier opus est fortement attendu. Il viendra achever la seule édition complète des œuvres de Poirier. En effet, ces volumes sont les premières publications officielles de Poirier en albums depuis 1975. Et ça n’est que justice pour un auteur qui compta, au sein du magazine Pif, des millions de lecteurs dans les années 1970. Dans la bande dessinée humoristique franco‑belge, en matière de western et d’équidé, difficile d’éclipser Jolly Jumper du Belge Morris. Et pourtant, un auteur français s’y est attelé dès 1970 avec Horace. À l’instar du compagnon de Lucky Luke, Horace est doté de la parole. Mais deux différences au moins sont notables. Primo, son cavalier le comprend et dialogue avec lui. Secundo, et c’est l’une de ses plus importantes caractéristiques, Horace est baptisé ainsi tandis que le cow‑boy qui le monte n’a pas de nom. Ainsi, l’on suit les aventures d’Horace, cheval de l’Ouest. Un renversement disruptif, allié à une poésie graphique et narrative, les deux mamelles du style de Poirier, qui en font une série unique dans l’histoire de la bande dessinée francophone. L’ensemble est constitué de gags drolatiques et humanistes d’une à sept pages. Les planches ont été totalement recolorisées à partir de nouveau scans du magazine, dans le respect total des volontés de l’auteur.

Jean‑Claude Poirier était un auteur vraiment singulier. Un original, comme Jean‑Claude Forest. Un poète, comme Fred. Les nombreux lecteurs qui l’ont lu dans Pif au cours des années 1970 ne l’ont jamais oublié. Culte, c’est le mot juste, pour une fois. Il fut l’un des rares génies français de la bande dessinée d’humour. Né à Paris le 14 décembre 1942, Poirier a commencé sa carrière au début des années 1960 dans Bibi Fricotin. Pendant que Forest dessine les aventures de Charlot, il illustre celle du clown Achille Zavatta. En 1969, comme l’avait fait Pellos avant lui, il réalise pour le journal L’Équipe une BD sur le Tour de France. Il publie également les aventures de Cactus Papa, scénarisées par Lob, dans le journal Record. Durant dix ans, il dessine pour Pif Gadget les aventures d’Horace, cheval de l’Ouest, puis de Supermatou. Son trait rondouillard, son utilisation du lettrage et des onomatopées et surtout, surtout, son humour vache, entre finesse et absurdité, n’ont pas fait école : ils étaient le fruit d’un artiste à l’imaginaire graphique et narratif plus que fécond. Malheureusement comme Alexis, voire Yves Chaland il est décédé prématurément à l’âge de 38 ans.
Horace, cheval de l’Ouest, volume 2, 312 pages, Revival, 39€

Articles similaires
Pour ceux qui ont vécu cette belle époque et épopée BD (il y en a),…
On est content car Supermatou est, avec Rahan et Pif le chien, l'un des héros…
On avait adoré le Lucky Luke de Bonhomme qui avait su donner d'un trait en…
Guillaume Bouzard est en dédicace le 29 juin 2017 après midi à la librairie Planètes…
Un OVNI ce dernier Bouzard qui vient d'obtenir à juste titre le 18e Prix Schlingo…
Un comité de parrainage, composé d’organisateurs du festival Quai des Bulles et de journalistes de…
Un western que les amateurs du genre ou de manga, de fantastique apocalyptique ne renieront…
Quai des Bulles, c'est pour bientôt. Saint-Malo se prépare à recevoir l'édition 2013 d'un festival…