Pas évidente cette après-guerre où tout a du mal à se remettre en place. Les années 50. Pendant la guerre de nombreux enfants ont été confiés à des familles d’accueil. Ils étaient juifs et risquaient le pire, leurs parents avaient fait le choix de tenter de les sauver ainsi. Mais à la Libération ces enfants n’ont pas été tous retrouvés. Samuel est un dépisteur, titre de ce diptyque dont voici le deuxième volet. Samuel ancien scout juif parcourt sur information les villages où ont été cachés des gamins qui selon leur âge ont pu oublier leurs familles. Ou ont été des victimes de conflits locaux, de peur de l’occupant. Antoine Ozanam est au scénario. On l’avait interviewé pour sa très bonne adaptation du Journal d’Anne Frank. Marco Venanzi a dessiné cette traque aux jeunes rescapés de la Shoah parfois tombés dans d’autres pièges mortels (Les Voyages d’Alix, l’Helvétie).

Samuel a été embarqué par deux types, deus flics. Son enquête gène à Saint-Cirq-Lapopie. Mais il réussit à s’échapper en voiture, se fait tirer dessus et se cache. On lui a volé le cahier où il a tout noté mais une jeune femme s’en aperçoit. A la Libération à la terrasse d’un café il est abordé par une jeune fille qui lui demande du feu et finit par racoler un GI’s. Mais elle revient et lui donne un Zippo. Là où il s’est caché des chiens le poursuivent lui rappelant les camps. Face à un ravin il essaye de descendre, glisse et se rattrape mais ne peut remonter. Il entend au-dessus les policiers pas convaincu qu’il soit mort. Il trouve une grotte et se faufile, fait une torche. Retour sur son journal et le prêtre qu’il va questionner. Où est l’enfant que sa famille recherche ? Il lui donne les noms des coupables. Samuel remonte la piste et découvre un aubergiste qui avoue qu’ils ont tué l’enfant. Samuel remue un passé ignoble et le curé a donné l’alarme dans le village. Mais le facteur va tout vraiment lui raconter.

Des drames en série, manipulations, l’enfant, un flic qui a du coeur et la vie l’emportera. Un fait historique pour une aventure où le pire côtoie le meilleur de l’humain. La France avait vécu une époque dont elle ne se remettra jamais totalement. Ce Dépisteur en raconte un épisode méconnu bien mené par Ozanam.
Le Dépisteur T2, 56 pages, Glénat, 15,50 €

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