Un vrai cas d’école Rani Lakshmi Bai qui va passer sa vie à vouloir virer les Anglais des Indes où effectivement il n’avait rien à y faire mais en ce XIXe siècle les empires occidentaux sont coloniaux. Paru dans la collection Reines de sang, cet album et signé par Arnaud Delalande et Simona Mogavino, (Catherine de Médicis) dessiné remarquablement par Carlos Gomez au trait réaliste et travaillé. La Rani c’est une résistante indomptable face à des envahisseurs sans scrupules qui ira au bout de ses rêves de liberté et d’indépendance.


Elle est née en 1828 de haute caste à Bénarès. Elle a appris le maniement des armes, à monter à cheval, elle devient reine en épousant un maharaja. Ils adoptent un enfant, le roi meurt et elle devient régente. Les Anglais sont bien là et ne cherchent en méprisant les Indien qu’à agrandir leur territoire. Et à y être refuse que le fils adoptif de Rani soit le futur roi. Et annexe le royaume pour la Compagnie des Indes. Elle quitte la palais et revient pour leur faire la guerre. Quatre ans plus tôt elle est conseillée par son premier ministre, Naransin. A l’époque les soldats anglais sont peu nombreux. Mais l’armée royale est impuissante, le peuple souffre. Le conseil constate que les Anglais annexent les provinces. Elle tente de négocier et annonce qu’un fakir est arrivé. Les Anglais ne l’écoutent pas. Pourtant les Indiens sont 50 millions, les Anglais 40 000 mais armés. La Rani de Jhansi va devoir choisir son destin. Il faut que les Hindous et les Musulmans s’unissent. En particulier ceux qui sont soldats dans des régiments anglais, les Cipayes. Ils vont jouer sur un détail, des cartouches enduites de graisse de porc interdit aux Musulmans. Une révolte se prépare.

On est dans un environnement très subtil et la Rani, d’une grande intelligence mais déclencher la tempête serait sans retour et non suivi par les autres potentats locaux. La répression sera aussi très ferme. La Rani sera celle qui va mettre le feu aux poudres pour qu’un jour enfin, Gandhi le pacifiste libère l’Inde en 1947 qui de toute façon après la seconde guerre mondiale n’offrait pas d’autre choix aux Anglais. C’était la fin des Empires, français aussi.Le récit qui raconte le destin de cette égérie indomptable est pour le moins méconnu. Elle fera tout ce qu’elle peut avec en tête le souvenir d’un officier anglais, Ellis, dont elle est amoureuse. Sa fin sera inévitablement tragique, devenue aussi un danger permanent pour l’Angleterre. La reconstitution de l’époque est impressionnante et on doit beaucoup à Carlos Gomez.
Reines de sang, Rani Lakshmi Bai, 64 pages, Delcourt, 16,50 €

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