Les Moribonds, panique terrestre

Une vague de vampires pour un début d’année en beauté. Les Moribonds sont nés de l’imagination au demeurant fertile de Florence Dupré la Tour à qui l’on doit l’excellent Jeune et fauchée. Cette fois elle nous embarque dans un monde où les humains sont devenus de la nourriture sous les dents acérées de vampires et une autre partie de l’humanité s’est transformée en zombie. Y a de la joie à Charleville-Mézières et l’autrice s’offre une fiction pour une fois qui fait froid dans le dos car assez prémonitoire.

Les Moribond se sont les zombies qui bouffent les bien portants, ce que ne peut accepter Gabriel, ange démoniaque à grandes dents car il a besoin de leur sang pur pour survivre. Ils les protègent des Moribonds contre sa dose quotidienne et en prime leurs indiquent des réserves de vivre. Celle qu’il a mordu en garde un souvenir pour le moins ambigu. Il faut des armes aux humains mais ils se font piéger par des Moribonds dans la campagne. Gabriel les a pisté et fait le ménage chez les zombies. Mais un des humains y a laissé sa peau ce qui fait une ressource de moins pour le vampire qui dort le jour dans un congélateur. La Terre a subit un cataclysme et les Moribonds se multiplient. Si les humains disparaissent Gabriel mourra de faim. Il a des états d’âme. Il dévalise les pharmacies qui restent pour soigner son cheptel et tue les autres vampires. Mais il donne aussi à ses humains quelques gouttes de son propre sang pour les revigorer. Déménagement devant la ruée des Moribonds.

Elle a rebattu les cartes Dupré la Tour. Qui sont les gentils, les méchants, les abrutis, le maîtres et les esclaves ? Car elle trace une chronique sociale qui se mord la queue et c’est tout à fait plaisant. Tout est prétexte à brouiller les pistes, textes à l’appui. Il serait presque sympa le vampire émule d’un capitalisme effrénée qui a besoin de sa main d’oeuvre. Qui va faire grève. Cohabitation, révolution, bandes rivales et liens familiaux, tout ceci est à la fois angoissant et perturbant.

Les Moribonds, 96 pages, Casterman, 21,95 €

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