
Quand le premier tome était sorti on avait dit qu’il fallait affirmer bien haut qu’il y a parfois des BD qui font du bien au cœur, échappent à la violence, la bêtise, aux modes ou aux stéréotypes, à cette BD sans relief . Le Cœur en braille en fait partie. Une tendresse bouleversante et si rafraichissante, si proche de la vraie vie, celle qui a ses hauts et ses bas. Cette adaptation des romans de Pascal Ruter, le second cette fois Trois ans avant par Anne-Lise Nalin au dessin et Joris Chamblain au scénario sont autant de petits bonheurs qui font à la fois sourire et parfois pleurer. Ce tome 2 n’est pas une suite, on est donc avant la séparation des parents de Victor du tome 1.

Il est en CM2 Victor et a un faible pour sa maîtresse. Qui veut leur faire faire du théâtre, grec en plus, Aristophane. Elle des moments de blues l’instit qui se demande si persevare à enseigner n’est pas diabolicum. Victor sera un buisson, symbole des dieux. Léo son meilleur ami a un rôle vedette. Il y a toujours la Dyna Panhard chez Victor relique familiale que son père passe son temps à soigner. Sa mère a un peu le blues qui veut une nouvelle salle de bain. Et puis il y a Julie plus âgée que Victor. Qui hérite pendant les vacances de la garde des mascottes de la classe, Platon et Socrate, des cobayes. Il finit par se lier à Julie, à discuter avec elle, lui raconte sa vie. Tout ce qu’il demande c’est avoir un jour un petit bout de bonheur à lui. Il fait de la boxe et apprend le piano, un peu. Il y a aussi la mystérieuse Etoile sa tante. Victor a du vague à l’âme quand débarque le tonton Cristobal de la famille, Zak, personnage pique-assiette aux grandes idées qui ne marchent jamais mais au charme évident. Joyeux Noël mais c’est pas gagné.

On n’en dit pas plus car la part dramatique va monter en puissance, fréquente dans la vie et redoutable. Là aussi le petit coeur de Victor sera en fait très grand. Zak va semer la pagaille et le départ de la maman se profile à l’horizon et ramène au tome 1. C’est simplement et remarquablement écrit, ne pas oublier les romans. Il n’y a rien de gratuit, ni de mièvre. On est totalement pris pas cette histoire qui peut arriverà tous et que les auteurs ont su avec bienveillance transcrire, illustrer sans mélo avec douceur et certes réalisme. La vraie vie, celle qui fait aussi mal mais qui a le secret du bonheur, la petite tristesse au coeur de la joie. Tellement touchant.
Le Coeur en braille T2,, Trois ans avant, 72 pages, Dargaud, 16,95 €

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