Dès 1937 le camp de concentration de Buchenwald ouvre en Allemagne. Déportés politiques puis Juifs, Tsiganes, homosexuels y seront enfermés. Beaucoup de Français résistants dès 1943. Il y aura une résistance intérieure très efficace et 1000 enfants qui auront survécu grâce à elle à la libération du camp le 11 avril 1945. Les Enfants de Buchenwald ne sont plus des enfants comme les autres. Ils ont vécu le pire, l’horreur, la mort à chaque instant évacués d’autres camps dont Auschwitz vers Buchenwald. C’est leur histoire méconnu que raconte cet album remarquable empreint de tant de souffrance et d’émotion qu’on en a les larmes aux yeux, admiratifs aussi pour ces gamins désormais prêts à tout pour survivre et qui ne pleurent jamais. Dominique Missika au scénario et Anaïs Depommier au dessin où l’incroyable le plus horrible est vrai.

Le 11 avril 1945 les déportés de Buchenwald prennent le contrôle du camp avant la libération par les troupes US. Les enfants accueillent les GI’s dont Eward Tenenbaum. Il y a Zeev 12 ans, Aron, son petit frère Chaïm très mal en point au Revier l’infirmerie. Tous les autres membres de sa famille ont été tués. Il y aussi Fischel le chef du petit groupe qui va aller s’habiller dans les vêtements des déportés stockés par les SS. Le père de Fischel est mort. Il ne reste qu’une vieille couverture. Que sont devenues sa mère et ses soeurs. Les communistes libérés pavoisent. Les enfants récitent la prière juive des morts le Kaddish. Les soldats US sont stupéfaits par ce qu’ils voient. On fait venir les habitants de Weimar pour qu’ils constatent l’horreur dont ils sont aussi responsables. 18 avril 1945, les enfants sortent du camps et pillent les logements des SS et les magasins de Weimar. Dans la cérémonie de la libération on oublie les Juifs. Parmi les quatre enfants il y en a qui veulent aller en Palestine ou en Pologne mais trop antisémite pour Zeev. On les habille avec des vestes qui restent de la Jeunesse hitlérienne.

Ils vont attendre ces gosses orphelins qu’on décide de leur sort. On leur parle de la France, il y a un reportage sur eux qui fait grand bruit mais il faut des visas. La bureaucratie n’a pas changé. L’Oeuvre du secours aux enfants qui en a sauvé des milliers prend le relais. Il n’y a plus que les jeunes à Buchenwald à la fin de la guerre. Fanny Loinger sera leur bonne fée. Elle va aller à Buchenwald pour les répertorier et trouver une solution pour ces enfants traités et tués comme des esclaves par les SS. La France en recevra 426 dans un premier temps. Zeev, Fischel, Lev se retrouveront bien plus tard. Un acte de mémoire indispensable pour tous ces gamins, des martyrs morts sous la torture, de faim, des mains de bourreaux allemands nazis ou pas, entourés par une population qui ne pouvait pas ne pas savoir. Trop facile. Un dossier très bien fait, documenté, termine cet album à faire lire aux plus jeunes pour qu’ils comprennent que ce qui est arrivé aux enfants de Buchenwald ne doit jamais se reproduire.
Les Enfants de Buckenwald, Steinkis-Fondation pour la Mémoire de la Shoah, 22 €

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