Aire Noire rejoint Aire Libre chez Dupuis. Une nouvelle collection qui bien sûr sera consacrée au polar sous toutes ses formes. Olivier Jalabert et Doug Headline seront aux commandes et un nombre restreint d’albums sera proposé chaque année. Qualité d’abord pour ces titres et une place désormais pour des albums aux qualités graphiques évidentes mais qui s’éloignent de par leur fond d’Aire Libre. Donc si l’on peut dire Aire Noire c’est clair et annonce la couleur. Parker ouvre le bal et sera suivi du tome 2 de Contrapaso, une vraie merveille. Que d’os enchaînera avec Max Cabanes et Headline. On reparlera des titres prévus pour 2026. Donc Parker tire le premier, repris en mains par Doug Headline (Harry Dickson) et Kieran (Sweet Home) au dessin, un défi car c’est du classique Parker, du noir absolu par Richard Stark et Darwyn Cooke chez Dargaud. Faut pas le prendre pour un cave Parker sinon il se rebiffe. Du grand polar et un graphisme qui tue, normal.


Il a une belle gueule Parker. Fin des années soixante, un bon braquage en vue avec une brochette de pingouins, des truands fichés à mort et un chauffeur pour se barrer, Uhl, expérimenté mais tendu. Une livraison de liquide par la Brink’s, irruption dans la banque et butin embarqué. Dehors Uhl balance un fumigène, et ce tout ce petit monde se barre avec le magot. Reste plus qu’à partager le pognon à la planque. Un peu déçu les mecs, que 33 000 dollars dans les sacs, 8000 par tête. Alors Uhl décide de tout garder et flingue ses copains. Sauf Parker qui passe par la fenêtre et évite les balles tout en perdant son flingue. Pas malin et Uhl met le feu à la baraque. Nettoyage complet. Parker se cache dans les bois, arrive en ville, pique une bagnole puis prend un bus. Mais il a de la ressource, une copine pour le fric, deux flingues à acheter et part en chasse. Uhl c’est le gibier désormais.

Ce qui frappe est avant tout la fiabilité du ton, l’écriture de Doug Headline. Et le dessin qui effectivement rappelle les débuts de Parker et a une efficacité redoutable, noir et blanc oblige. On aime aussi la diversité des personnages typiques de tout bon polar. Il n’est pas sorti de l’auberge, mais tiré à quatre épingles la partie de chasse peut commencer. Du tordu à souhait et on le reverra avec plaisir Parker. Un excellent début pour Aire Libre.
Parker, la proie, Aire Noire, Dupuis, 20, 50 €

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