Une vie de courage, de volonté, de combat que celle de Althea Gibson. Une jeune fille afro-américaine qui vit à Harlem et qui a décidé qu’un jour au début des années 40 elle serait une championne de tennis qui jouerait à Forest Hills le futur US Open. Ce que seul les Blancs pouvaient faire. Le très doué Julien Frey au scénario (Salamandres) remet en vedette une femme hors normes, au mieux oubliée, au pire inconnue du grand public. Une terrible injustice car elle a été une pionnière infatigable, qui a souffert et pourtant jamais renoncé. Sylvain Dorange au dessin (Psychotique) réussit en tout point, trait, détails, ambiance à faire vivre avec force, justesse, cette héroïne incroyable. L’album est puissant, nécessaire et se lit avec un grand intérêt. Une BD intelligente, ce qui n’est pas courant.

1938 à Harlem, Althea houe au basket mieux que tous le garçons réunis et rend coup pour coup. Même mes gangs ne l’impressionnent pas. Son père sait qu’elle sèche l’école et lui montre les bas-fonds d’Harlem en la prévenant que c’est là qu’elle finira. Ils tombent sur oncle Abe saoul. Le père d’Althea est mécano. En grandissant elle devient très douée pour le tennis. Et une force de la nature capable de mettre à terre un truand qui agresse Abe. On lui propose de s’inscrire au Cosmopolitan Tennis Club mais elle est serveuse. En prime les Noirs ne jouent pas au tennis avec des Blancs. En 1940 la ségrégation est encore bien présente aux USA. Fred Johnson va l’entraîner et elle s’impose très vite mais ignore le fair-play. Gagner avant tout. Elle rejoint une école de tennis où tout est payé par un docteur en Caroline du Nord à Wilmington en 1946.

La route va être longue, difficile, injuste aussi pour Althea Gibson. Mais son parcours est unique. Roland-Garros, Wimbledon aussi bien en simple qu’en double. Elle va s’accrocher, et les Noirs intégreront le circuit comme Arthur Ashe ou les soeurs Williams sans qu’on se pose bien sûr et heureusement la moindre question. Elle sera aussi golfeuse professionnelle, essayera la chanson. Une personnalité unique, exemplaire et que l’on redécouvre avec bonheur.
White only, Vents d’Ouest, 23 €

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