Le tome 1 de Proies faciles n’avait pas fait dans la dentelle même espagnole. Car c’est là où se passent les polars très noirs et sociaux de Miguelanxo Prado. On n’est pas dans le grand banditisme mais dans la chronique de petites gens soit victimes, soit bourreaux pris au piège d’une société capable en plus de les maîtriser ou de les écraser d’un revers de main. Mais il y a bien des flics dans le coup, pas non plus des super-héros mais des besogneux compétents qui savent dénouer les fils d’intrigues tordues. Dans Vautours, sous-titre de ce second épisode, c’est clair sauf qu’il pourrait bien y avoir des surprises sur bien des plans pour l’inspectrice Olga Tabares et son adjoint l’inspecteur Carlos Sotillo.
Pas la peine d’en dire plus ni d’écrire de mots qui ouvriraient des pistes. Miguelanxo Prado a monté un scénario qui est au minimum machiavélique, et au pire parfaitement réaliste, plausible dans son abjection totale. Un talent majeur, avec une progression subtile, noire, aux rebondissements multiples dont le duo de flics va faire aussi les frais. Alors comment est morte Irina ? Il est très rare qu’on atteigne en BD un tel paroxysme de violence latente et d’horreur presque ordinaire et extraordinaire. Un royaume de monstres qui sont des anonymes insoupçonnables dans notre propre environnement. Impossible de lâcher cet album une fois qu’on l’a en main. Du grand art, sombre à souhait et même dans les teintes et les couleurs. Un dessin parfait.
Proies faciles, Tome 2, Vautours, Rue de Sèvres, 20 €
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