Quand on parle des Compagnons de la Libération, ordre prestigieux et unique créée par le Général de Gaulle au début de la guerre et qui sera clôt à la Libération, on pense à des femmes, des hommes, des combattants de la première heure en 1940. Pas vraiment à des unités militaires, encore moins à des villes. Comme on le voit dans ce nouveau volet consacré à l’ordre de la Libération par Jean-Yves Le Naour et dessiné par Brice Goepfert que l’on retrouve avec plaisir, l’île de Sein au large de la Bretagne a été élevée à cette dignité rare. Pourquoi ? Parce que tous les hommes de Sein encore sur l’île en 1940 ont rejoint l’Angleterre et la France Libre. On redécouvre dans cet album très bien construit leur histoire et leur volonté de ne pas capituler à un moment où la France est à genoux. Une leçon pour la grande histoire qui mérite encore plus de nos jours d’être rappelée.
Sein c’est un grand rocher planté dans l’océan, un phare et des marins bretons, parmi les meilleurs et les plus têtus. Sein a toujours dit non au pouvoir qui voulait lui en imposer. Fanch est un adolescent dont le père est mort pendant la guerre de 14 sur son bateau de pêche coulé sans raison par un U-Boot allemand. Devenu mousse à son tour avec Porsmoguer, il sait que beaucoup d’hommes ont été fait prisonniers et que la France est au bord de la déroute. Déjà les Stuka survole l’île et les Allemands sont entrés dans Paris. Brest au loin est en flammes. Les jeunes de Sein veulent continuer la lute mais il y a des tensions en interne. Pourtant des navettes de réfugiés avec l’Angleterre partent de Sein. Jusqu’au jour où la population entend sur le seul poste de l’île le discours rediffusé, le second le 22 juin du Général de Gaulle.
Ce sera le déclic pour tous les hommes de 16 à 54 ans qui s’embarquent pour l’Angleterre. Au total ils seront 133, le quart à eux seuls des volontaires de la France Libre à ce moment là. De Gaulle fera de l’île son compagnon et viendra à Sein en 1946 puis en 1960. Sein est un exemple hors normes qui rejoint Nantes (11 novembre 1941), Grenoble (4 mai 1944), Paris (24 mars 1945), Vassieux-en-Vercors (4 août 1945). L’ordre s’est éteint avec la mort d’Hubert Germain, le dernier compagnon en 2021. Ils étaient 1038. Brice Goepfert a parfaitement illustré cet ouvrage avec tour le talent qu’on lui connait.
Les Compagnons de la Libération, L’île de Sein, Grand Angle, 14,50 €
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