Le 11 novembre 1918, un clairon sonne l’Armistice. Il met fin à la Première Guerre mondiale. Pas de capitulation, l’Allemagne qui n’a pas été envahie par les Alliés va vivre avec désormais dans l’idée que ses politiques lui ont porté « un coup de couteau dans le dos ». Qu’elle aurait pu gagner. Jean-Yves Le Naour au scénario et Cédrick Le Bihan signent 11 novembre 1918 au cœur de l’armistice dans la nouvelle série de Delcourt, les dates clés de l’Histoire.
Pour tous l’Armistice du 11 novembre est une victoire. Mais dès 1917 on parle de paix auparlement du Reich. Le Maréchal Hindenburg et ses officiers sont furieux. Idem pour l’empereur Guillaume II. Le général Ludendorff lui par contre est sûr que la guerre est perdue. En août 1918 le Kaiser apprend que ses troupes sont passées à la défensive. Et que donner aux vainqueurs si on négocie ? L’Alsace-Lorraine ? Pas question, le chancelier Hertling va devoir négocier sans rien lâcher. Le 20 août 18 les Français attaquent près de Soissons. Les Anglais percent la ligne Hindenburg. Se pose aussi l’avenir de l’empereur, un roi à la britannique ou accepter la démocratie parlementaire mais vite car l’ombre de la défaite plane. Et avec elle le risque d’une révolution. Pas de capitulation Ludendorff tire les ficelles et approche le président américain Wilson qui va faire cavalier seul sans ses alliés. Les militaires allemands n’acceptent pas de perdre mais arrêtent la guerre sous-marine. Hindenburg et Ludendorff ont en tête une future bataille décisive. Pourtant on accepte d’étudier les conditions du Maréchal Foch. Matthias Erzberger sera son interlocuteur, reçu les petits plats dans les grands pour bien lui montrer que la France ne manque de rien. Dans un wagon à Rethondes l’Allemagne accepte sans capituler l’Armistice mais à quel prix. Vertigineux dont la rive gauche du Rhin occupée. La mort du IIe Reich a sonné en même temps que l’Armistice.
Dans cette histoire, il va y avoir tous les ferments de la prochaine guerre. Un certain caporal Hitler parlera très vite du coup de poignard dans le dos et en fera son cheval de bataille pour le nazisme. Hérésie en fait car exsangue l’Allemagne aurait capitulé. Finalement cet armistice arrangeait tout le monde. Désarmement total, pas d’invasion de l’Allemagne qui aurait trop coûté en pertes humaines, les Américains ne sont pas convaincus et comme le dira Clémenceau gagner une guerre est dur, gagner la paix encore plus. 18 millions de morts en quatre ans il était temps de le sonner l’armistice. Pour un temps, ce sera celui de la République fantoche de Weimar avant Adolf. Un ouvrage qui permet d’en apprendre beaucoup hors du récit patriotiquement correct.
Les dates chocs de l’Histoire, 11 Novembre 1918 par Jean-Yves Le Naour et Cédrick Le Bihan, 56 pages, Grand angle, 15,90 €
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