Yiyun, Cosey et une histoire de papier

Quand un Cosey parait on sait qu’on va être surpris, envoûté, charmé. On sait aussi que son univers n’aura pas changé mais qu’il faut bien faire attention à toutes les escapades qu’il nous propose, ne rien rater. Avec Yiyun, Cosey dévoile des secrets, initie comme souvent ses lecteurs cette fois à l’art du papier découpé, une découverte sûrement pour beaucoup. Avec Cosey il n’y a pas de temps morts, des pauses oui, pour mieux s’imprégner des ambiances de son récit. Avec Cosey on rêve tout en étant ancré dans une réalité authentique. Le dessin est à la fois souple, coloré et prenant.

Papiers découpés, depuis toujours, avec ciseaux ou lames de bistouris l’art ne s’est jamais éteint. Il y a eu un certain Cadet Roussel, celui de la chanson ?, qui en a été un des maîtres. Paysages souvent en vis à vis semblables, scènes de la vie quotidienne, direction la Suisse au XIXe siècle dans la préface. Et ensuite Maou se présente dans le prologue en BD. Trouvée dans le port de Shanghaï, enfants chinois adoptés, elle partira en camp de ski comme la héros du livre Yiyun. Trouvera Cosey et va collaborer avec lui qui lui demandera une préface. Carnet de dessins en ouverture alors que généralement en fin, belle mise en oeuvre des personnages. Urs, Mei, Helmut, Sybil, Zuo, calligraphies et premier découpage. Urs voit pour la première fois Mei au ski et la prend pour Miss Wu héroïne de BD, bandeau sur l’oeil qui pilote un P-40 dans les Tigres Volants. Années 90 au Pays d’Enhaut, dans les Alpes vaudoises, Urs, 14 ans, croit reconnaître Miss Wu. Un sosie à qui il veut parler. Ce sera sur un télé siège, enfin. Une panne et ils vont parler, échanger leur premier baiser avant que les secours n’arrivent. Urs a une moment Cornelia chanteuse puis rockeuse. Pour se faire un peu d’argent Urs découpe et vend ses travaux. Les Alpes, les vaches, les touristes aiment. Il renouvelle les sujets fan de BD. Mei repart en Chine. Urs explique ses découpages. Un an plus tard, retrouvailles.

On en reste là car Cosey sait aussi manier le suspense, étonner. Mensonges, découvertes, et bien plus encore Miss Wu et Mei ont plein de choses en commun. Clin d’oeil à Jonathan au passage. Rebondissements en règle sur fond de découpages et les années passent. Yiyun, Mei ? Le temps pour un bol de thé de refroidir. Superbe.

Yiyun, 112 pages, Le Lombard, 21,45 €

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