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Gran Café Tortoni, tango passionnel

Des vies qui se croisent, des destins qui changent de cap, le tout sur un air de tango à Buenos Aires, au Gran Café Tortoni. Imaginez La Coupole sans le tango. Celui qui va être le fil rouge de ces histoires c’est un jeune danseur. Avec lui Philippe Charlot au scénario a donné à Winoc de quoi faire flamboyer son dessin et ses couleurs sur des airs venus d’un autre-monde, enchanté et sensuel, de couples soudés par ce tango du diable qui résonne à chaque page de cet album saisissant.

Au Gran Café Tortoni, à Buenos-Aires, on s’assoit aux tables de fantômes, on ne parade pas, on reste discret et on regarde l’air distrait alors que l’on meurt d’envie de poser des questions. Le Tortoni, c’est la Mecque du tango argentin, sa mémoire. Un jeune danseur en pousse la porte et espère que la maître qui vit reclus dans son appartement l’acceptera comme élève. Mais avant il y aura des examens de passage avec la belle Mina et Rodolfo, son ancien partenaire, son amant ? Le jeunot va écouter de la bouche d’Alejandro la vie d’un mythe, l’acteur Vasquito, Oscar Vasquez, dont le silence deviendra la marque du talent. Mais le danseur en herbe de tango manque d’à-propos. Un guitariste va lui apprendre qu’un Payador, chanteur cavalier de Patagonie, avait défié Gardel qui ne viendra jamais le voir alors que lui, année après année, sera au rendez-vous. Il aura aussi l’histoire de ce parolier qui passera la nuit avec Magdalena, reine du tango, dont il ne saura pas apprécier la récompense et écrira en mentant un tango qui ne dira pas la vérité sur cette soirée d’exception.

On ne devient pas meilleur, on l’est. C’est peut-être la leçon de ces histoires de mythes dont la Mina et Rodolfo sont aussi les piliers. Et il y aura Madame M. dont Winoc a sublimé corps et visage, passes endiablés. Une pose à la page 52 et les amoureux de Pratt comprendront. Un petit bijou ce Gran Café, romantique à souhait, à lire en écoutant Carlos Gardel, au demeurant un brin escroc paraît-il. Quel destin pour le jeune danseur, du sang et des larmes ? Mina s’en chargera. Une belle balade aussi poétique et musicale, teintée de désespoir dans ce Café Tortoni qui existe vraiment bien sûr.

Gran Café Tortoni, Tome 1, Grand Angle, 19,90 €

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