Un utopique doublé d’un naïf ? Henri-David Thoreau en 1845 ne se lasse pas d’admirer la nature, ne vit que par elle alors que son pays, les USA galopent vers une révolution industrielle ravageuse. Philosophe dans l’âme, diplômé de Harvard il va être le Robinson du Massachusetts, loin de tout, auto-suffisant.
Catherine Meurisse raconte son parcours, ses rencontres avec les hôtes de la forêt auxquels il expose son projet. Un bizarre qui ne coupe pas les bons arbres et prie devant ceux, morts, qu’il débite. Dans sa cabane il veut vivre à fond sans rien faire, sauf écrire, penser. Son alter ego est un loup qui tient un journal. Sucer la moelle de la vie, un des bouquins qu’il écrira. Ses copains animaux sont prêts à parier qu’il ne passera pas l’hiver et seraient d’accord pour le mettre dans un enclos. Thureau c’est un cas d’école qui veut jouir d’une terre complète. Sauf que comme lui dit le loup c’est fini depuis longtemps. Il va tenter de consigner toutes les espèces rencontrées. Mais attention au chasseur de pissenlits qui les fait au barbecue.
Refuser ce XIXe siècle qui s’emballe, voilà un album qui plaide pour ce que devrait être l’écologie. Alors Thureau en aurait-t-il été le pionnier ? Catherine Meurisse en a fait un héros attachant que l’on découvre avec bonheur grâce aussi à son dessin si séduisant.
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