Martin Veyron est un auteur sensible, élégant, dont la plume, le crayon peuvent être plus qu’acérés. Aiguisés pour mieux trancher là où on ne se serait pas imaginé que cela allait faire aussi mal. Avec Ce qu’il faut de terre à l’homme, Martin Veyron avait signé, en adaptant une nouvelle de Tolstoï, un album décapant sur les besoins jamais satisfaits du genre humain. Cette fois, il revient à ses amours toujours fidèles, les dessins de presse, avec Je n’invente rien, un recueil des meilleurs qu’il a publiés dans le Nouvel Observateur de 2001 à 2016. Attention, Martin Veyron a l’humour qui interpelle et ne fait pas de cadeau tout en faisant largement sourire.
Il n’en rate pas une, Martin Veyron, attaque, parle vrai, fonce dans les failles que nous lui offrons tous. L’œil malin et sarcastique, il va du crayon vengeur mais toujours enlevé. Bobos, et tutti quanti, tout le monde à droit à sa ration. Certes on est au Nouvel Obs d’où un lectorat gentiment à gauche mais intello et et pas pauvre. Reste qu’il n’épargne personne Martin Veyron, n’invente rien, scande ses phrases au ton ravageur en appui de ses dessins à la ligne claire, la sienne si reconnaissable. On peut les voir et les revoir ses planches. Sans jamais se lasser, caractéristique des grands dessinateurs de presse.
Je n’invente rien, Éditions Hoëbeke, 21 €
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