
On l’avait si souvent rencontré depuis qu’on avait choisi de publier un tome des Sept vies de l’épervier dans Midi Libre. C’était à la fin d’un autre siècle et puis ensuite interviewé à chacune de ses parutions, vu à Paris, Angoulême et même à Montpellier, à Nîmes. Il était impressionnant André Juillard au premier abord, calme, peu disert, jusqu’au moment où se nouait une relation chaleureuse, toujours respectueuse et bienveillante. Et puis il nous a quitté après s’être installé en Bretagne. La Galerie Maghen l’a souvent exposé et cette nouvelle rétrospective du 22 janvier au 14 février, en accord avec la famille d’André Juillard est avant tout un hommage à ce grand monsieur, ce maître de la bande dessinée (Grand Prix d’Angoulême 1996) disparu en 2024 au trait inégalé. A noter que cette rétrospective est aussi une vente d’originaux.

Comme le souligne le communiqué de la maison Maghen l’exposition retrace près de 40 ans de carrière (1983-2024) à travers un ensemble exceptionnel de plus de 350 œuvres (planches, couvertures, illustrations originales…) issues de ses séries et albums cultes : Les 7 Vies de l’Épervier, Plume aux vents, Le Cahier bleu, Après la Pluie, Arno, Double 7, Masquerouge, Mezek, Léna et Blake et Mortimer d’après E.P. Jacobs, dont les planches de l’album Signé Olrik, la dernière aventure dessinée par André Juillard. Aux côtés des planches historiques en couleurs directes et en noir et blanc, l’exposition dévoile une sélection de dessins libres sur feuille comprenant des nus féminins, des portraits de ses célèbres héroïnes (Ariane, Louise, Ève, Léna), des paysages et des études préparatoires. Tous ces à-côtés qui représentent ce qu’il y a de plus essentiel dans le travail d’André Juillard : son amour du dessin, du papier et cette nécessité de dessiner comme de respirer. Réalisées au crayon, à l’encre, au fusain, en couleurs et en noir et blanc, ces illustrations reflètent également la diversité des techniques et des styles graphiques maîtrisés par André Juillard, dessinateur et coloriste hors pair, tout comme l’élégance de son trait.
Cette exposition retrace ainsi l’œuvre magistrale d’un des plus talentueux dessinateurs de son temps, un artiste admiré par ses pairs, à travers les dessins d’une vie entière passée à dessiner. André Juillard avait toutes les élégances, la finesse et un humour souvent très britannique. Grand Prix du Festival d’Angoulême en 1996, André Juillard (1948-2024) est un auteur phare de la bande dessinée historique francophone des années 1980-1990, connu notamment pour ses séries Les 7 Vies de l’Épervier (1983-1991, Glénat), Masquerouge (1984, Glénat) et Plume aux vents (1995-2002, Dargaud), toutes scénarisées par Patrick Cothias. Après avoir lancé la série antique Arno (1983-1987, Glénat) avec Jacques Martin, le père d’Alix, André Juillard s’impose comme auteur complet et rompt avec le genre historique en écrivant et dessinant le diptyque Le Cahier bleu (1994-1998, Casterman), dont le premier tome est notamment récompensé de l’Alph’Art du meilleur album à Angoulême.






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