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Undertaker 8, échec à la dame noire

Fin du diptyque et règlements de comptes à OK Corral, enfin pas loin. Notre croque-mort bien aimé, hait de forme perche et vautour familier est bien là. Undertaker dans ce tome 8 avec sa Miss Prairie mariée et se retrouve face à un panel de dames pas très tendres, à mauvais fond même pour la diabolique Sister Oz qui n’en est pas à un cadavre près. Joan Crow alias Lance Strikland est un gentil qu’il ne faut pas agacer. On y reparle d’avortement aux USA déjà sur le sellette comme aujourd’hui avec America Great again que rien n’arrête. Xavier Dorison a su placer ses pions sur un échiquier complexe. Echec à la dame noire, c’était inévitable. Ralph Meyer excelle, on se répète, dessinateur de haut vol au trait digne des plus grands mais bien à lui. Caroline Delabie est tout autant partie prenante dans ce western mortel mais porteur de messages, le monde selon Oz, dont les couleurs savent jouer à merveille sur les ambiances ou les émotions des personnages.

Flash back, comment la redoutable Sister Oz a-t-elle trouvé son Colt pendant la guerre de Sécession ? Déjà un brin tarée. Un Colt dont elle veut se servir mais Crow la contre et lui rend la pareille. Roulette russe avec une femme enceinte, ça fait mauvais genre mais il est sûr de lui Crow. Faut sauver le bon docteur Prairie dans Eaden, un patelin piégé à mort. Le shérif se balade à poil et le cerveau chamboulé. La Sister veut de la pub à travers le pays pour porter sa croisade. Faut aussi récupérer Eleanor enceinte chez Undertaker. Le toubib persiste dans sa volonté d’aider les femmes à avorter. Rose et Eleanor font cause commune et le shérif débarque tout nu devant leur maison assiégée. Crow a assommé la sister et selon lui il faut l’étrangler. Il faut que la troupe vienne remettre de l’ordre et envoyer un messager à Fort. Keith. Pour les faire venir plus vite Crow a son avis de recherche sur lequel sa tête est mise à prix 50 000 dollars. Prairie s’y colle et Crow tente une manoeuvre désespérée en se servant d’Oz.

Sister Oz, Eleanor, Rose, un trio avec Crow comme quatrième as pour une partie de poker menteur. Une mise en scène imparable et un récit dense, qui rebondit mais très bien articulé. Va falloir faire face et compter ses balles si Crow veut s’en sortir. Emancipation, droits de le femme, égalité dans le bien comme le mal, Dorison a mis aussi dans son western des ingrédients sociaux. Sister Oz a un passé difficile  qui parle pour elle mais n’excuse pas sa cruauté cynique. Un album au ton dramatique malgré quelques pointes d’humour à la Crow. Un destin à suivre de près.

Undertaker T8, Le monde selon Oz, 64 pages, Dargaud, 17,95 €

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