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Taï Dam, retour aux lointaines origines

Un retour vers sa propre histoire, celle de ses ancêtres, dans cette lointain Indochine du nom donné par la France à ses colonies formées par le Cambodge, le Laos et le Vietnam. Taï Dam que signe Joël Alessandra est la chronique de la vie de Marijah sa compagne. Elle peint, lui dessine, invente des histoires ou se souvient de ses voyages. Mais d’où vient Marijah, qui est-elle ? Quel est son passé et surtout celui de son peuple car elle est issue d’une ethnie du Nord Vietnam, du Tonkin près de la frontière de Chine et du Laos, les Taï Noirs, les Taï Dam. Comment mieux découvrir qu’en allant sur place ? Un voyage initiatique à nul autre pareil avec un duo en cœur.

Des tableaux qui en disent plus qu’ils ne montrent, issus aussi comme elle le dit de son imaginaire. Elle a un an et demi Marijah quand elle part du Laos en 1976 avec sa famille. Et ne se souvient de rien elle la Taï Dam. La France a été présente près de trois siècles là-bas et on en retient généralement que le nom de la bataille de Dien Bien Phu en 1954 qui sonnera le signal de son départ. Résumé historique, carte avec ses noms magiques Hanoï, Lao-Kay, Cao Bang, Langson, Baie d’Along et repas chez les parents de Marijah qui l’ont appelée Marie-France à leur arrivée en France. Ils se livrent, donnent des détails, le grand-père Bac Cam Quy, combats enfin en pays Taï où est Dien Bien Phu. Le père de Marijah va au Laos en 1966, se marie. Mais cela ne décide pas Marijah à partir pour l’Asie. Jusqu’au moment où le déclic se fait.

Et c’est le voyage qui est le ciment de cet album vérité, chez les Taï Dam par la Thaïlande, le Vietnam, de Hanoï à Halong, Nghia Lo, Mu Cang Chai dans le Nord extrême, Lai Châu, Diên Biên Phu, Tuan Chau. Des rencontres, des retrouvailles, la langue qui revient instinctivement, les origines dévoilées, la pudeur et la joie. Hanoï l’attachante, des paysages de rizières en plateaux, l’accueil chaleureux, Alessandra croque un reportage en forme d’album de famille reconstituée. L’éclat des couleurs que ce soit dans cette nature exubérante, sur les toiles de Marijah, un bonheur qui resplendit et offre désormais de nouvelles perspectives. Le Vietnam un pays dont on ne peut que tomber amoureux et qui offre encore une authenticité, une culture multiple dont les Taïs sont partie prenantes même si ils ont soufferts. Un album émouvant qui envoûte totalement.

Taï Dam, Traverser le Mékong… Steinkis, 23 €

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