Il y a évidemment dans ces deux albums, Simone Tome 3 et Les enfants cachés, un lien charnel. Shoah, déportation, exterminations par une Allemagne nazie qui n’avait pas vraiment caché ses intentions bien avant de passer aux actes. Avec le concours des gouvernements des pays occupés comme la France de Vichy. Simone arrive au camp, accueilli par Macha qu’elle retrouvera 39 ans plus tard. Un dernier tome par Morvan au scénario et David Evrard au dessin qui a su trouver le bon trait pour Simone. Simone Lagrange est passée entre les mains de Barbie, Drancy antichambre d’Auschwitz. La marche de la mort, un père abattu sous ses yeux, le retour par le Lutetia, le procès Barbie. Dans Les Enfants cachés, une réédition, on a des photos, des lettres qui parlent. Un collectif de dessinateurs se sont faits les dépositaires de ces enfants martyrisés. Négationnisme, antisémitisme chronique, attention aux balbutiements de l’Histoire.
Simone Tome 3 boucle l’histoire d’une jeune fille qui deviendra un témoin pour la mémoire. Birkenau, Macha, Sonia, des retrouvailles après la guerre car elles ont échappé à la mort. Simone travaille dans une usine et s’est sentie provisoirement privilégiée. Un orchestre de déportés, un commandant de camp meurtrier Höss avec des gardiens criminels allemands, des exécutions sommaires, des coups en permanence, les pendaisons et une corde qui casse. Il sera sauvé par un détenu. Elle retrouve l’homme dans une librairie bien plus tard. Simone a inventé une chanson et des enfants juifs qui jouent du violon. Et la célèbre marche de la mort, les SS veulent fuit les Russes et embarquent les déportés dans une impitoyable fuite. Son père abattu, sa mère gazée, un train avec Jacqueline, Sylvianne qui meurt sous la neige en dormant, elles dorment à plusieurs cachées dans un trou pour ne pas avoir froid et toutes leurs compagnes sont abattues. Elle le racontera Simone au procès de Klaus Barbie, libérée par les Russes puis évacuée par les Américains qui ne comprennent pas ce qu’elles ont vécu. Une trilogie importante et très bien conçue, vraie, qui permet à un public parfois sans repères de vivre au plus près ce qu’a été l’horreur. Dessin parfait. Glénat, 72 pages, 15 €
Autres témoignages, rappels avec Les Enfants cachés 1939-1945 (Paroles d’étoiles) sur un scénario de Jean-François Baudot, Jean-Pierre Guéno et Serge Le Tendre. 72 000 enfants juifs vivaient en France en 1939. 12 000 ont été éliminés, 60 000 ont survécu cachés le plus souvent pas des Justes courageux. Des photos ouvrent les récits. Catherine et Clara sa maman sont juives. Clara se sépare de sa fille qui part dans l’Yonne. Catherine se sait pas qu’elle est juive mais doit porter l’étoile. Son père a disparu pendant la guerre d’Espagne. Un gardien de square la traite de youpine. Irène est née à Riga en Lettonie dans une famille juive non pratiquante. Elle a 4 ans en 1930 et la famille vit en France. Dans une colonie, un coup de fil un soir lui conseille de ne pas rentrer à Paris car ses parents ont été raflés. Ils ont confié des bijoux et de l’argent à un voisin qui ne les rendra pas. Elle est revenue à Paris et se retrouve seule chez elle. Comment survivre alors qu’elle se sent coupable de ne pas être morte avec eux. Algésiras, Thierry Démarez, Lloyd, Guillaume Sorel, Erik Arnoux pour conserver le souvenir de Robert, Catherine, Maman Pé ou Margot. 96 pages, Soleil, 21,95 €
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