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Si j’étais une femme je m’épouserais, Joann Sfar en teintes douces

Joann Sfar se livre, s’analyse, se fait psychanalyser. En un mot, Joann Sfar souffre et a mis ses maux d’âme sur le papier. Il écrit et dessine dans Si j’étais une femme je m’épouserais, au jour le jour, ce qui a fait, fait aujourd’hui encore, et pourquoi pas demain, sa vie. Dire que la démarche est banale serait hasardeux. D’autres s’y sont risqués et se sont plantés. Sfar est un tendre auquel, sauf la femme qui l’a quittée, on s’attache inévitablement. Le gros nounours suscite amitié et tendresse. Ce qui explique en partie qu’on se plonge dans ce pavé écrit par un gentil pour lequel, et c’est paradoxal, tout tourne, au moins en apparence autour de lui. Mais, attention, pas de son ego, non, de son cœur d’artichaut et d’une enfance terriblement triste.

Quand on perd sa maman petit, on ne s’en remet jamais vraiment. Joann Sfar a des bases qui se fissurent et son tsunami à lui c’est de s’être fait larguer par celle à qui il aimait faire des bisous. Un amoureux ou un séducteur, Sfar ? Pas visible à l’œil nu, ni comme tente de le découvrir sa psy en décortiquant son discours et ses dessins. Tragédie grecque à fin annoncée au début, la vie serait-elle aussi dépassionnée et prévisible. Ne jamais croire une femme amoureuse ? Relations crues sur le web, retours sur Truffaut, Woody Allen, Enrico Macias, Sfar mélange et progresse. Les copains d’abord, Lewis, Christophe, Mathias, eux peuvent percer à jour le cas Sfar. A voir. Gainsbourg s’en mêle aussi. Adopter un chien ? Les voix du seigneur sont parfois impénétrables.

A quoi joue Joann Sfar ? Lui seul le sait vraiment mais ses pages en forme de thérapie sont des bouées qu’il se lance en sachant, on l’espère, lesquelles il doit attraper. Un peu truand l’auteur du Chat du rabbin. Certainement mais en toute bonne foi, avec la sincérité qu’il laisse entrevoir au long de son bouquin. On aimerait en parler avec lui même si, franchement, on a zappé quelques passages et on en a lu plusieurs fois d’autres. Ménager chèvre et choux, tout le monde est content ? C’est peut-être ça Joann Sfar qui joue à cache-cache. Tout va bien, qu’il ne change rien.

Si j’étais une femme je m’épouserais, Marabout, 19,90 €

Joann Sfar à Angoulême 2016. JLT ®
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