Une belle histoire qui sent bon aussi le thym, l’ail et le romarin de Bécaud et bien sûr ceux de Pagnol dans ses Souvenirs d’enfance. Pas un hasard que ce soit Serge Scotto qui signe ces Étrangers dans les lavandes. Il a adapté les meilleurs textes de Pagnol (Marius) dont le ton l’a inspiré pour cette saga villageoise provençale avec son maire, son instituteur, son facteur, l’ancien cultivateur de lavande dont la vie a basculé à la mort de son fils en Indochine. Sauf que ce sont des « Chinois », des « Chinetoques », en fait des Cambodgiens réfugiés qui vont venir peut-être sauver le village qui se meurt. Une base authentique en 1970 avec l’arrivée en France des boat people dessinée par Emmanuel Saint au coup de crayon ensoleillé et réaliste pour un album qui a un joli accent de vérité et de bonheur retrouvé.
Une belle page sur l’immigration, celle qu’on oublie parfois comme le rappelle Serge Scotto en postface des 20 000 travailleurs indochinois en 1940 envoyés en France. 1970 ce sera l’année des Vietnamiens et des Cambodgiens et l’exode rural qui est le début de cette belle fable comme la qualifie Scotto. On n’ira pas plus loin sur ces Cambodgiens, Antoine et son grand cœur qui va se rouvrir au bonheur. On se dit aussi que ces Étrangers pourraient bien être les héros d’un excellent film ou d’une mini-série. On s’est régalé en entendant ces cigales, bioudiou.
Des Étrangers dans les lavandes, Éditions Delcourt, 24,95 €
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