Arale, Raspoutine sauve le Tsar

Sacré Raspoutine, il n’y avait que lui pour maintenir le tsar sur le trône et faire fusiller Lénine. Octobre 1917 n’a pas tourné du côté des bolchéviques dans cette uchronie, Arale, signée par Tristan Roulot et Denis Rodier au dessin. Pire, une partie de la Russie est envahie par les occidentaux et la guerre dure depuis des années. Ils y ont ajouté à la fois une bonne dose de fantastique, d’armes sécrètes, de diableries diverses et des personnages hauts en couleur. Sans oublier une part de romanesque sentimental qui au total font de cet album une œuvre atypique, pas banale et d’un réalisme brûlant, bien conduite.

AraleLe Tsar fait boum. Une bombe le tue pour la troisième fois depuis que les communistes ont échoué à prendre le pouvoir. Mais Raspoutine lui aussi sauvé des eaux et des balles de Ioussoupov par une sorcière qui tire les ficelles, va le ressusciter. Mais Nicolas II aurait un autre héritier, le dernier des Romanov. Le lieutenant Kyril et le sergent Saskia forment les jeunes soldats qui vont être les pilotes de monstres d’acier, les trancheurs. Kyril est appelé en renfort car une manifestation populaire veut la preuve que le tsar n’est pas mort. Raspoutine le montre au balcon. Il est convoqué par Raspoutine car c’est lui l’héritier des Romanov. On le met en contact par perfusion avec le cadavre du tsar mais l’opération semble échouer. De son côté Saskia est harcelée par la mère de l’un de ses anciens stagiaires car les pilotes des trancheurs ne donnent jamais plus de leurs nouvelles. Kyril a été transporté dans un monde où il retrouve d’anciens camarades. Il cherche Arale, l’endroit où est peut-être retranché l’esprit du tsar.

Un peu tortueux par moments mais il faut s’accrocher car l’histoire est bien ficelée comme on dit. Il y a même des zombies qui vont filer un coup de main au tsarevitch. Des fantômes, des esprits extraits des corps et qui en intègrent d’autres, des mages noirs et un beau suspense final. Le dessin est séduisant, assez classique mais fort. Dommage qu’il n’y ait pas une suite. Un peu frustrant.

Arale, Dargaud, 14,99 €

Arale