Régis Franc et le Café de la plage, un grand classique, reviennent chez Huberty et Breyne à PARIS | Matignon 36 avenue Matigno. Le vernissage est prévu le jeudi 11 décembre 2025 de 18h à 21h en présence de l’artiste. L’exposition a lieu du vendredi 12 décembre 2025 au samedi 10 janvier 2026. Sa publication en intégrale date chez Casterman de 1989.

Le café de la plage, né dans les pages du quotidien Le Matin de Paris où il est publié chaque jour de mars 1977 à septembre 1980. Équilibriste, rêveur, espiègle, mélancolique, taquin aussi, tout cela s’applique au travail de Régis Franc qui, quotidiennement, s’évertuait à « ne pas regarder ce que j’avais fait la veille » pour construire son récit, parenthèse paradoxale dans les pages d’un grand quotidien national. Contenu prenant toute sa saveur lors de sa publication en intégrale chez Casterman en 1989. Huberty & Breyne propose de dévoiler pour la première fois sous sa forme originelle, ce travail colossal d’improvisation, une œuvre à l’encre de Chine sur calque d’une élégance redoutable

C’est une baraque en bois posée au bord de la Méditerranée… La plage est longue, vide et sur la ligne d’horizon apparaît parfois la barque d’Ulysse le marin grec. D’autres. En se rapprochant d’«À la côte d’Azur», pauvre chose au toit de tôles, on note la terrasse, quelques tables, un panneau annonce : chambre à louer. En haut d’un mât, le drapeau tricolore flotte au vent. À l’intérieur, on découvre le propriétaire, Léon Bouchot, derrière son comptoir, on voit aussi le réfrigérateur où est posé un ouvrage de Sigmund Freud. C’est peu, c’est rien. Au bar, une cliente. Sur la terrasse, un romancier écrit. Le décor est planté. Tout est en place. L’histoire va commencer : celle de Solange, la femme de Léon décidée à s’échapper de cet endroit perdu ? De l’écrivain en mal d’inspiration ? De Rita, l’ingénue rêvant d’Hollywood ? Du producteur ignorant les signaux, amoureux peu discrets de sa secrétaire ?

Dans Le café de la plage, Régis Franc invente un art de la digression, une écriture du temps suspendu où la légèreté devient matière à réflexion. Ses personnages parlent de la vie comme on parle du beau temps : avec douceur, humour, nostalgie et lucidité. C’est une écriture à la fois littéraire et cinématographique, où chaque silence compte, soulignant l’absurdité et les contradictions de la nature humaine, opposant les désirs des personnages à la réalité de leur condition fragile. C’est aussi une démonstration de toutes les manières de raconter en bande dessinée, où l’on peut aisément briser le quatrième mur pour le reconstruire à la case suivante, passer d’une époque à une autre, d’un lieu à un autre, en un battement de cil, que ce dernier soit court ou long.
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