On retrouve Warnauts et Raives dans L’Innocente qui vient d’être rééditée. Nina est l’héroïne de cette chronique de la fin du Reich nazi et de l’après-guerre en Allemagne, le statut de Berlin. Dans l’œuvre de Warnauts et Raives on est juste avant le cycle des Temps Nouveaux et Après la guerre. En quelque sorte les débuts de Nina.
Si L’Innocente est avant tout le portrait d’une jeune Allemande, c’est aussi un récit précis sur le sentiment de culpabilité d’un peuple confronté à l’horreur de ce qui a été commis en son nom et dont il a été le complice. Warnauts et Raives posent parfaitement le problème de cette innocence pervertie, celle d’une Nina qui sort du moule nazi et se rend compte de la réalité. C’est aussi un récit historique précis sur fond romanesque. Le destin de Berlin, indépendant en zone Est sous contrôle soviétique ne tiendra qu’à un fil pendant plus de trente ans jusqu’à la chute du mur. L’histoire se termine à la fin du blocus de Berlin en 1949. On aurait bien aimé une suite, ou autre chose, après un déroulé aussi passionnant, toujours somptueux sous les plumes du duo. A suivre.
L’Innocente, Le Lombard, 14,99 €
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