Alicia, la danse par dessus tout

Quand une Alicia en chasse une autre, c’est le jour de gloire de celle qui va devenir la Prima Ballerina Assoluta, reine des ballets cubains et star incomparable de la danse mondiale. Alicia Alonso est l’héroïne de fond de cette biographie romancée de Mayalen Goust (Vies volées, Kamarades) au dessin et de Eileen Hofer au scénario. Alicia Alonso a été un des piliers artistiques du régime castriste dans un pays certes révolutionnaire mais économiquement dévasté. On va aussi voir, comprendre dans cette ode la rigueur implacable que toute danseuse06, danseur doit mettre en œuvre pour envisager de percer. Politique, danse, compétition, le panorama est cadré même si on se perd parfois sur des pas de deux qui partent un peu dans tous les sens, entrecoupés de dates, de personnages qui se cherchent un tantinet. Le dessin clair, nuancé et expressif de Mayalen Goust illumine cependant ce ballet sur pointes.

Alicia

1943 à New York, une Alicia va en remplacer une autre. Alicia Markova la star malade ne peut danser. La jeune cubaine Alicia Alonso va danser Giselle et devenir en un ballet la nouvelle star de la danse internationale. C’est dit, elle est la nouvelle reine et se bat depuis son enfance pour le devenir dans un Cuba où sa mère dirige une école et où son frère Alberto est en train de devenir un chorégraphe célèbre. Lever la jambe le plus haut possible mais sur scène, c’est un autre défi. En 2011, Amanda est à son tour une jeune danseuse dans un Cuba où le Castrisme continue à sévir. Sa mère est prête à tout pour que Amanda réussisse alors que la Alonso est devenue l’icône quasi aveugle de la danse. Discipline, volonté, l’image de celle qui est la Primera Ballerina Assoluta est omniprésente.

Alicia

Danse mais aussi vie quotidienne à Cuba, délation, rationnement, rappel de la révolution de Fidel en 1959, Eileen Hofer décrit avec précision mais balance entre démocratisation et récupération artistique. L’histoire est passionnante, très humaine et émouvante. La pitié n’existe pas dans ce milieu. De très belles images à la fois inspirées et simples par la force des sentiments qu’elles expriment.

Alicia, Prima ballerina assoluta, Rue de Sèvres, 20 €

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