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Première dame, révolution élyséenne

Voilà une comédie de mœurs romantique, très proche de la tradition US cinématographique. On verrait bien Cary Grant dans le rôle du Président. Mais cette Première dame est bien française, élyséenne et créée par ce très cher Didier Tronchet pour le scénario et au dessin jubilatoire par J-P. Peyraud. Quelle histoire ce Président divorcé, son ministre de l’Intérieur digne d’un vautour de Lucky Luke et ses communicants à la Séguéla. Reste la future First lady qui elle est une actrice résistante, Jeanne d’Arc en puissance des causes presque perdues et qui va semer la panique dans un monde qui n’aime pas les surprises et encore moins qu’on remette en cause les us et coutumes de la Ve. Bien écrit, un peu long parfois (270 pages) mais un humour qui fait plaisir teinté d’émotion et qui donnerait presque envie d’y croire dans notre marasme politicien actuel.

Thierry Langlois dit Tity Président de la République doit faire face à l’immigration et aux insultes de ses jeune sélecteurs. Beau mec, baraqué, ancien rugbyman à Mazamet, roi du placage du perturbateur (style gifle de Bayrou), Tity va voir sa côte de popularité jouer du yoyo. Son secrétaire général et vieil ami le gronde. Pas une bonne idée à un an du renouvellement de son mandat. Son ex lui pompe l’air et veut écrire un bouquin sur leur couple. Alors que la charmante Victoria Coraly mère divorcée obtient le Marteau d’or de la meilleure actrice. A mort le cinoche commercial. Thierry en a marre de sa communication et fait le ménage. Lombard le ministre de l’Intérieur dont le parti soutient Thierry commence à se dire qu’il pourrait y avoir une carte à jouer. De Fursac patron de la com de l’Elysée veut que le Président trouve une nouvelle épouse, une Première Dame qui redorerait son blason.

Pas sorcier de comprendre que Tity et Victoria vont se rapprocher mais dans des circonstances imprévues. Les personnages sont bien construits et on adore les suivre dans leurs pérégrinations sentimentales et politiques. La mère de Tity est un vrai cas d’espèce. A plaindre Tity car c’est un brave type élu par hasard (on en connait un autre) mais qui a su garder de beaux sentiments au fond du cœur. Tronchet démonte parfaitement les mécanismes du pouvoir et là on a un peu peur. Car on flirte toujours avec les ambitions personnelles des politiques très éloignées de celles du bon peuple. Une bonne satire au trait vivant de Peyraud qui va parfaitement avec le sujet. Un bon sujet bien exploité pour une farce dont Molière n’est pas exclu.

Première Dame, Glénat, 25 €

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