Reines de sang, Constance d’Antioche, la soif du pouvoir

Pas sûr que Constance d’Antioche ait laissé des traces impérissables de son règne dans la mémoire collective. Et c’est bien dommage car cette jeune princesse rebelle au caractère de fer mérite le détour. D’où son entrée dans la catalogue des Reines de sang élue par Jean-Pierre Pécau au scénario et Gabriele Parma au dessin avec un petit côté Chaillet. C’est vrai qu’Antioche c’est loin, mais on est au temps béni au moins par le Pape, des Croisades, des partages de territoires et de l’empire byzantin. Le monde bouge et Constance a bien l’intention de participer à la curée pour y trouver sa place.

Constance d'AntiocheDès le départ, enfant, elle va connaître le drame. On ramène son père sans tête à Antioche. On est en 1130 et c’est sa mère, Alix de Jérusalem qui prend le pouvoir. Elle ne supporte pas sa fille qu’elle destine au couvent. Alix tente de s’allier aux seigneurs locaux pour sauver son trône à Antioche. Mais en réalité la vraie reine devrait être Constance qui pourrit dans un cachot. On lui donne un confesseur, Raoul un moine intransigeant. Mais Baudouin de Jérusalem revient à Antioche pour sermonner sa fille Alix qui, pour lui, n’est que la régente du royaume d’Antioche. Alix supprime un gêneur, Bernard de Valence avec l’aide de Raoul. Constance est mariée au prince Raymond contre l’avis de sa mère. Constance, beaucoup plus jeune, s’entend parfaitement avec son mari et commence à tisser sa toile pour affirmer son pouvoir. Sa mère reste un obstacle majeur.

Ne surtout pas dire à Constance que les affaires d’état ne concernent pas les femmes. Politique dans l’âme, Arménienne, elle va jouer sur tous les tableaux, se faire des alliés imprévus bien qu’elle ait Constantinople en face d’elle, modèle d’intelligence et de volonté. Dans ce tome 1 on découvre sa montée en puissance envers et contre tous. Mais tout ne se passera pas comme elle le souhaitait. C’est la princesse qui est la voix off de la série ajoutant au réalisme du dessin et à la force du récit. A suivre dans un second et dernier tome.

Les Reines de sang, Constance d’Antioche, La princesse rebelle, Tome 1, Delcourt, 14,95 €

La princesse rebelle