Cette machine tue les fascistes, journal d’un char d’assaut impitoyable

L’histoire et le destin d’un char d’assaut, pas n’importe lequel, un Josef Staline, le JS-2, monstre d’acier conçu à la fin de la seconde guerre mondiale par les Soviétiques, c’est le héros de cet album écrit par Jean-Pierre Pécau, dessiné par Damien et Mavric, mis en couleur par Scarlett. Cette machine tue les fascistes, tout un programme qui va balader le char d’assaut à travers les guerres de la fin du XXe siècle.

Cette machine tue les fascistes

Février 1945, le 50060e char de Sergeï Souvarov, rescapé de Stalingrad et du Goulag, sort d’usine. Il le baptise le tueur de fascistes. Direction Berlin pour le JS qui avale les panzers allemands avec un équipage qui sera le seul à sauver son char face aux nouveaux tanks allemands mais finira par être décimé. Le Staline se retrouve dix ans plus tard à Budapest et écrase la révolte anti-soviétique. Ce sera ensuite Cuba en 1961 et l’attaque américaine de la Baie des Cochons. Toujours vaillant le char avec Souvarov qui suit son bébé à la trace. Angola et enfin Afghanistan, la bête est au bout de sa route.

Deux vies, celles de Souvarov et celle de son Staline sont intimement liées. Pécau déroule le fil des ces destins certes très romancés mais assez plausibles. Il  a repris en fait et il le dit la trame du film Winchester 73 où on suit le sort d’une carabine à travers ses différents propriétaires. Le Staline est un dévoreur d’équipages et d’ennemis. Il hante son créateur lui-même bourreau forcé des siens à Stalingrad. Le dessin est très posé, puissant et donne toute sa force au Staline, aux combats, aux personnages. On y croit à cette machine terrible et indestructible dont le sujet lorgne un peu vers le très bon film La Bête de guerre, une des rares fictions sur le conflit afghan. Un dossier sur le Staline et les chars de l’époque conclue l’album.

Cette machine tue les fascistes, Delcourt, 17,95 €

Cette machine tue les fascistes
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