Il est et reste un maître en matière d’aventures teintées de fantastiques. Et en prime avec Randolph Carter, Lovecraft a créé non sans malice un héros auquel il voulait s’identifier. Pour ce tome 2 de l’expédition en plein désert syrien, Par-delà les portes d’ivoire et de corne, Lovecraft a donné toutes les clés de Carter à Simon Treins au scénario (en fait Jean-Pierre Pécau), Jovan Ukropina au dessin pour une balade mortelle, qui sent le souffre et bien menée. On y retrouve le fameux traité Sykes-Picot qui en 1918 partage le Moyen-Orient entre France et Angleterre, prise de guerre aux Turcs. Un album qui tient en haleine en permanence sur un dessin toujours aussi pro de Jovan Ukropina.
On avait déjà eu un Randolph Carter avec Kadath l’inconnue chez Black River éditions. Carter en terre inconnue, un ermite qui est une vraie momie vivante, des chiens bizarres, un peintre maudit, tout va déraper très vite dans ce désert maudit dont la population va fuir. Déportation, massacre des civils arméniens, c’est historique. Tout est bien calibré et on se retrouve avec une créature bizarre, de l’horreur à foison et une énigme non sans rapport avec la famille de Carter. Lovecraft n’a pas fini de nous étonner. A suivre ?
Randolph Carter, Tome 2, Par-delà les portes d’ivoire et de corne, Éditions Soleil, 15,95 €
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