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Randolph Carter Tome 2, Lovecraft l’envoie vers une ville sans nom

Il est et reste un maître en matière d’aventures teintées de fantastiques. Et en prime avec Randolph Carter, Lovecraft a créé non sans malice un héros auquel il voulait s’identifier. Pour ce tome 2 de l’expédition en plein désert syrien, Par-delà les portes d’ivoire et de corne, Lovecraft a donné toutes les clés de Carter à Simon Treins au scénario (en fait Jean-Pierre Pécau), Jovan Ukropina au dessin pour une balade mortelle, qui sent le souffre et bien menée. On y retrouve le fameux traité Sykes-Picot qui en 1918 partage le Moyen-Orient entre France et Angleterre, prise de guerre aux Turcs. Un album qui tient en haleine en permanence sur un dessin toujours aussi pro de Jovan Ukropina.

Beyrouth 1918, on est en pleine changement historiques. Les Turcs alliés des Allemands ont perdu la guerre et le Liban où la France les remplace. Tout s’y vend, et Carter tombe sur un parchemin, une ode au dieu Dagon que le marchand refuse de lui vendre. Carter officier dans la Légion Étrangère, archéologue confirmé reçoit une mission de son général. Qu’il rejoint avec son ami Randolf à bord d’une automitrailleuse Mark 1 dernier modèle. Carter en prime parle anglais concurrent des Français et qui vont s’installer en Irak et en Palestine. Et la mission du commando français va être de se faire passer pour des troupes anglaises afin de mieux les espionner. Deux Mark 1, six hommes, des Tirailleurs Algériens, pour aller voir de plus près une concentration de troupes qui menaceraient Damas aussi sous contrôle français. Mais il y aussi la ville sans nom à trouver. Firouz ami de Carter se joint à eux et ce n’est pas un hasard. Car le Maître a tiré les ficelles. Le général a obéit.

On avait déjà eu un Randolph Carter avec Kadath l’inconnue chez Black River éditions. Carter en terre inconnue, un ermite qui est une vraie momie vivante, des chiens bizarres, un peintre maudit, tout va déraper très vite dans ce désert maudit dont la population va fuir. Déportation, massacre des civils arméniens, c’est historique. Tout est bien calibré et on se retrouve avec une créature bizarre, de l’horreur à foison et une énigme non sans rapport avec la famille de Carter. Lovecraft n’a pas fini de nous étonner. A suivre ?

Randolph Carter, Tome 2, Par-delà les portes d’ivoire et de corne, Éditions Soleil, 15,95 €

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