Elle a révolutionné le sport, les JO aussi, un véritable bébé OVNI créé de toutes pièces par un régime communiste, celui de la Roumanie sous Ceausescu au milieu des années 70. Nadia Comăneci avait à la base un vrai talent de gymnaste mais a subit de vraies tortures physiques sous la houlette d’un entraîneur complètement inhumain. Gagner à tout prix pour la gloire d’une idéologie et d’un régime, Nadia Comăneci saura quand même y échapper. Marjolaine Solaro, ancienne gymnaste et scénariste, raconte après enquête la vie de Nadia Comăneci. Clem est au dessin un peu mais bien influencé par le manga pour cet album coup de poing passionnant et émouvant. A noter que les deux auteurs seront à la Comédie du Livre à Montpellier en mai prochain et participeront à un débat animé par ligneclaire.info

Dès l’enfance Nadia Comăneci est pleine de vie, d’énergie. A l’école un entraineur fait son marché parmi les élèves qui joue dans la cour. A cette époque tout est permis en Roumanie. Il faut fabriquer ces championnes avec des gamines. Il en choisit plusieurs et les teste dans un gymnase. Poutre, anneaux, gym, Béla Kảroli flashe sur Nadia Comăneci. Elle est née en 1961, enfant fragile mais énergique, une force de la nature. Elle se sort de tout. Elle va progresser très vite en gym sous l’égide du couple Kảroli, sans états d’âme. Elle va devoir obéir comme un soldat. Elle accepte et on lui adjoint une autre gymnaste, Téodora. Entrainement intensif, restrictions alimentaires pour avoir la légèreté idéale. Objectif les JO de Montréal en 1976. Sauf que présenter des gamines de 15 ans aux JO, la fédération roumaine hésite et pourtant accepte. Elles commenceront par le championnat d’Europe. Et Kảroli intensifie la rudesse de son entrainement. Nadia est championne d’Europe. Arrivent les JO.

Peut-on, a-t-on le droit de créer de toutes pièces des champions au prix de souffrances extrêmes ? Est-ce que Nadia n’aurait pas eu la même réussite sans Kảroli ? Quel poids joue l’idéologie, le pays dans cette course au record ? Il y a eu les nageuses est-allemandes, la dopage, Ben Johnson le canadien. Pas de limites pour un podium et une médaille ? Nadia comprendra et partira se réfugier aux USA. L’album avec en toile de fond le dictateur Ceausescu qui finira fusillé pendant la révolution roumaine est aussi une page d’histoire. Nadia sera l’égérie du régime. Sans oublier les Kảroli, le flicage permanent. Nadia finira par trouver un bonheur cher payé avec un autre champion olympique, Bart Conner aux USA. Excellent album, vrai, humain et sensible.
Nadia Comăneci, Glénat, 19,50 €

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