Le Merlu, de la défaite à la résistance

Très difficile aujourd’hui de signer une série sur l’Occupation sans que l’on ne pense immédiatement à Tardi, Il était un fois en France ou à La Déconfiture. En signant Le Merlu qui commence en pleine débâcle et se poursuit au moins dans le tome 1 dans une France coupée en deux, Thierry Dubois et Jérôme Phalippou ont pris un risque, fait un pari et l’ont gagné haut la plume et le stylo. Car on est grâce à leur travail, leur investissement, au plus fort de cette époque qu’il est bon de ne pas oublier dans le moindre détail, avec des ambiances qui ne mentent pas, précises, sans le moindre laisser aller à un facilité de circonstance. La documentation a dû être soignée et le récit met en scène des personnages authentiques dans leur simplicité, leur spontanéité et leur destin. Un excellent début pour une série pointue dont on sait que le dessinateur Jérôme Phalippou a une vraie passion pour les vieux bolides.

Le Merlu

Panique sur les routes de France, l’armée allemande en juin 40 brûle les étapes, la population fuit vers le Sud et les troupes françaises ne savent plus où elles habitent. Pourtant un convoi du Train composé de camions de ravitaillement tente de foncer vers le front sous les ordres du sergent Georges Colin. Sous les bombes des Stuka et à cause de la bêtise de certains officiers français, l’aventure s’arrête vite face aux Allemands qui font prisonniers les survivants. Mais pas question pour Georges de végéter dans un Stalag. Il s’évade avec un copain et retourne à Saint-Maur, en banlieue parisienne où il travaille dans un entreprise de transports dirigée par Emma. Georges reprend le volant d’un vieux tacot et se trouve confronté à un pays coupé en deux par la ligne de démarcation. Il obtient les autorisations nécessaires et franchit souvent la ligne ce qui va donner des idées à l’un de ses clients.

Les Routes de la défaite

Pas la peine de rentrer d’avantage dans les détails. Georges est un brave type pris au piège de l’Histoire mais qui saura faire ses choix. Il y aura aussi la douce Marie, un vilain pro-teuton et une population largement pétainiste au moins au début. Le reconstitution par le très bon dessin est criante de vérité si l’on connait un peu (beaucoup) l’époque, vu les fils documentaires ou même de fiction tourné dans ces années là. On est au sein d’une population au quotidien, sans grandiloquence, humaine. Une vraie mention à ce Merlu et à Dubois, qui n’a pas finit d’avoir à débroussailler des situations compliquées et parfois mortelles.

Le Merlu, Tome 1, Les Routes de la défaite, Paquet, 14 €

Les Routes de la défaite