Corbeyran et Le Roux poursuivent leur fresque sans concession de la Grande Guerre. Une poignée de copains du même village sont envoyés au front dans le même régiment. Chacun aura sa part du drame accroché à ses godillots, la guerre mais aussi la famille laissée au pays, la mort, les gaz dans le dernier album. Pour ce nouvel épisode on va à Verdun et à Douaumont où sont affectés les troupes coloniales indigènes comme on disait à l’époque.
Une histoire poignante, celle de deux hommes que la couleur de la peau sépare et qui vont devenir amis par le sang versé. Du racisme ordinaire comme il en existait à l’époque où les colonies privilégiaient un état d’esprit écrasant la population de couleur en Afrique comme au Magreb. Et quand tirailleurs sénégalais ou nord-africains, la Force noire, sont venus se battre en se faire tuer en 1914 ce sera une découverte pour beaucoup. Corbeyran montre avec une vraie justesse de ton ce qu’a pu être l’amitié fraternelle des tranchées une fois dépassé les préjugés. Très émouvant et toujours bien mis en scène par Le Roux.
14-18, Tome 5, Le colosse d’ébène (Février 1916), Delcourt, 14,50 €
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