Quand la BD rattrape l’actualité, la guerre au Moyen Orient, l’historique du conflit atroce qui oppose encore et toujours Israël, le Hamas à Gaza, des populations devenues nomades, cibles innocentes utilisées comme boucliers humains, cela donne un album qui fait référence, Embrasement. C’est ce qui se passe aujourd’hui et il faut se souvenir de l’action terroriste sanglante du Hamas le 7 octobre 2023 sur le territoire israélien parti de Gaza. L’enchainement était inévitable. Retour donc sur les origines d’un conflit depuis la création de deux états en 1948, dont il est quasi impossible de prévoir l’avenir. Florent Calvez (L’Homme de l’année 1894) a adapté au scénario, dessin, couleurs le livre du colonel Michel Goya spécialiste de ce conflit aux ramifications et aux origines multiples.
Retour sur octobre 2023 mais bien avent en 1895, Daudet et Herzl parlent du sionisme dont ce dernier va devenir l’un des pères fondateurs. En France il y a l’affaire Dreyfus et un antisémitisme chronique. Herzl va écrire, les nationaux religieux veulent un état juif. On parlera de l’Argentine, de l’Ouganda mais seul le royaume de Judée, la Palestine devient la terre promise. Mais qui appartient en ce début de XXe siècle à la Turqui equi ne lâche rien. Sauf qu’alliée à l’Allemagne en 14, elle perd la Palestine qui passe sous mandat britannique. Commence alors à se mettre en place des mouvements armées comme l’Irgoun, le groupe Stern les heurts se multiplient avec les Arabes. Première révolte contre les Britanniques. La seconde guerre mondiale, la Shoah et des attentats dont celui de l’hôtel King David à Jérusalem en 1946. En 1947 l’ONU fait adopter un plan de partage avec entre autres la bande de Gaza aux Palestiniens. La guerre éclate; 1948 Israël est créé avec son armée Tsahal. Ben Gourion, Shimon Perez, Golda Meir, Menahem Begin et Yitzhak Rabin, ce sont leurs noms et leurs combats qui vont marquer la deuxième partie du XXe siècle. Les Arabes passent à l’offensive mais Israël s’est équipé. Et s’impose, Cisjordanie et Jérusalem-Est à la Jordanie, Gaza à l’Egypte. Du provisoire avec des réfugiés palestiniens chassés de chez eux. Comme le dit le colonel Goya Israël n’a pas de profondeur stratégique, petit pays acculé à la mer, il suffit d’y avoir roulé en voiture. Guerre des Six jours, de Kippour en 197″, Gaza investit, le Liban, les Intifadas, l’OLP et l’Iran islamique qui aujourd’hui vacille.
Tout se tient mais les puissances occidentales ont longtemps joué la distance avec un conflit qui hormis pour le pétrole ne les motivaient. A part en 1956 la nationalisation du canal de Suez et l’échec franco-britannique. L’état des lieux historiques est saisissant, horrible en fait sur le fond dans une logique qui nous dépasse et s’impose. Le Liban est un bourbier qui explose à nouveau avec le Hezbollah, Gaza avec le Hamas qu’Israël a écrasé. Et l’Iran menace potentielle nucléaire islamiste dont le nivellement rebattrait les cartes dans la région. Israël ne lâchera rien et l’ouvrage le montre. Trump y aura donc ajouté sa couche. Les colonies sont aussi un autre clou dans le projet de plus en plus impossible d’un état palestinien qui co-habite avec Israël qui lui ne voit qu’une extension la plus grande possible.
Embrasement, 134 pages, Delcourt, 21,50 €
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