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Le Village, un village qui joue à un cache-cache mortel

Franck Thilliez (Puzzle) est l’un des maîtres du polar français. Avec La Village adapté avec Niko Tackian et dessiné par Kamil Kochanski il fait dans la cadavre en nombre et l’horreur avec laquelle il accompagne ses lecteurs dans une affaire tordue à souhait. Mais pour ses fans en priorité. Dessin hyper réaliste.

2024 près du Mont AIguile on ne peut plus pécher tranquille. Surtout quand trente cadavres flottent à la surface. Deux flics héritent de l’enquête dont Sarah Minsk de Grenoble. Les légistes oeuvrent, pas de lésions mais les crânes vidés, le cerveau liquéfié. Un des corps porte un curieux tatouage, une formule mathématique. Il y a une usine non loin de là où on a retrouvé les corps.Les flics sont sur les traces de l’ecorcheur mais quel rapport. Mars 2024 à Paris, un type rentre dans un magasin poignard au poing mais le vendeur, Logan, l’ébouillante avec du café et passe sous un camion en le poursuivant. Dans une péniche près de Grenoble on trouve des corps dépecés, l’antre de l’écorcheur ? Et une photo du vendeur qui l’aurait mis en fuite parmi d’autres. Tous les habits des cadavres portent le même sigle, MSSG. On interroge le vendeur qui porte le même tatouage que le cadavre. Tous les corps proviendraient d’un asile psychiatrique qui a fermé depuis 20 ans. Au CHU de Grenoble un homme prend en photo le tatouage. Les corps sont ceux de pensionnaires ou de soignants de l’asile. Un seul inconnu est celui au tatouage. Ils ont tous disparus en 1984 et les corps n’ont pas vieilli. Une secte semble impliquée et veut la peau du vendeur qui va aller visiter l’asile, la maison Saint-Georges, car sa mère y aurait été internée. L’homme qui a pris la photo du tatouage se fait prendre en fouillant les affaires de Logan. Il peut tout expliquer en particulier pour le village qui disparait.

C’est là où les affaires se corsent et qu’on passe à un niveau fantastique pur et dur. Plus de la SF, l’espace-temps, tout se complique dans le sang et la mauvaise humeur. La grande équation, des souvenirs de maquis, un village venu de nulle part, qu’est ce qui se cache dans l’ombre ? Retour dans le passé fort glauque et flambée à la clé style Jeanne d’Arc. Il faut raccrocher les wagons et admettre qu’un village peut jouer à cache-cache avec cadavres à la clé. Et pas que. Thilliez a ses inconditionnels, les amateurs de polar classiques seront décontenancés.

Le Village, 148 pages, Delcourt, 22,50 €

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