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Le Cahier à spirale, Didier Tronchet face à sa vie

Avec Didier Tronchet on était resté dans le romanesque à Première Dame et à Ton père ce héros. Pour le bio nature, mais aussi à une foultitude de titres Tergal en prime qui ont tous fait notre bonheur. Cette fois dans Le Cahier à spirales il fait un retour en arrière, s’embarque clairement, oui c’est de lui qu’il parle, dans des retrouvailles avec un passé dont il ne connait presque rien. Un drame en fait, la mort du père mais pas que, une enfance tourmentée, une petite soeur mystère. Et l’échec d’une installation familiale dans le Sud pour ces gens du Nord. Pas très gai mais il n’y a pas de quoi. Même si on est pris au coeur par un Tronchet qui a atteint le point de non retour, celui de sa vie étalée au grand jour.

Le jeune Tronchet se souvient, de sa maison d’enfant, des objets qui la meublent, un endroit qui a essayé de le retenir alors que la capitale du monde lui tendait les bras. Dans la maison il a vécu un tête à tête avec sa mère et des fantômes, banal enfin presque comme tout le monde, un père absent. De tout ce petit monde il en a fait les héros de ses livres. Il est devenu dessinateur et racontait des histoires, des drames qui faisaient de bonnes comédie. Il a reconstruit son histoire familiale et essayé de donner un sens à son chaos, faire de albums à la limite du vrai. Un jour il achète un cahier à spirale, retourne à la maison où vit encore celle qui peut répondre à ses questions, celles qu’il n’avait jamais posées. L’iceberg sous la maison de sa mère est gigantesque. Et sa mère n’attendait que lui et ses questions. Il ne va pas être déçu.

Quelle vision a-t-on de sa mère ? Celle de Tronchet est un combattante du quotidien, ne supporte pas d’être vue chez elle. Elle aime ce qui est moyen, déteste les conflits, dit que pour réussir sa vie il faut faire son trou. Une inquiète en fait qui fréquente assidument les cimetières. Donc le fils prend son vol, se tire vite fait. Biographie d’un Tronchet qui a besoin et c’est logique à un stade normal de sa vie de remettre les choses à leur place. Il le fait bien, sa mère, Zulma, enfant, la mort de son grand-père. Un retour aux sources d’une enfance maternelle difficile, triste. La guerre, l’exode, une bombe de Stuka et des morts, Zulma a peur des Allemands. La Résistance de celui qui va devenir le père. Sa mère est une survivante. On est pour un Tronchet, comme peu désormais d’entre-nous ,les derniers témoins de la génération de la guerre. Ce qui n’est pas neutre. La suite Tronchet la vit ou la revit. Dans un cahier à spirale bourré d’émotion, de tendresse inavouée, de regrets, de malheurs et une maman qui n’avait pas aimé son Portrait de famille.

Le Cahier à spirale, Aire Libre Dupuis, 23 €

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