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Happytech, malheur, horreur, bonheur

Stressé, triste, malheureux ? Happytech est là pour vous aider, vous rendre le sourire. Xavier n’a rien pour lui et explose en vol. Il a droit au bonheur, Xavier et c’est son édifiante et aussi terrifiante histoire que Eric Corbeyran raconte avec Alessia Fattore au dessin. Mais est-ce qu’on lui a bien tout expliqué à Xavier ? Entourloupe ou manipulation, on est dans une comédie fiction qui est très proche de notre réalité, de cette course impitoyable à la satisfaction égoïste que l’on nous vend à tour de bras. Malheur, horreur, bonheur.

La cousinade ce n’est pas son fort à Xavier. D’accord il n’est pas gâté avec une famille qui l’a toujours pris pour un ringard sans qu’il s’en doute. Il fait la gueule et vide le bib de rosé. Un minable qui s’ignore mais qui entend une belle blonde parler de son bonheur retrouvé avec Happytech où elle a fait un stage. Comme il va se faire virer des Assurances où il travaille, divorce, se souvient qu’enfant déjà c’était un désastre, embarquer par la police parce qu’une jeune et jolie mendiante l’a accusé injustement dans métro, il a le choix entre le suicide et tenter Happytech. Ce qu’il fait mais il faut passer des tests, être sélectionné. Chose amusante, l’égérie pub de la boite c’est semble-t-il la mendiante.

Il n’est pas doué le Xavier mais quand même. Happytech et lui vont faire connaissance, pour le meilleur et allez savoir le pire. Comme il ne faut pas toujours prendre les enfants du bon dieu, dont Xavier, pour des canards sauvages, le loup pourrait être dans la bergerie. On le suit avec délice le Xavier et la Esméralda du métro dans ce premier volet, Le bonheur nuit à la santé. Eric Corbeyran n’est pas loin finalement de Jean Yanne dans Tout le monde il est beau. L’engrenage intellectuel est subtil, bien vu. Des premiers pas dans la comédie de mœurs d’un Corbeyran en forme qui explore cependant des pistes connues mais avec un très bon sens du risible. Dessin cadré qui colle au propos. A suivre.

Happytech, Tome 1, Le bonheur nuit gravement à la santé, Delcourt, 15,50 €

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