Punk Mamy, attention les vieux

Le 3e âge a de la ressource et fait ses gammes en BD. Sans compter que ce sont des lecteurs potentiels. Place, depuis les célébrissimes Vieux Fourneaux, aux papis, mamies généralement déjantés et soixante-huitards sur le retour. Le tout avec plus ou moins de bonheur. Même les maisons de retraite n’échappent pas à l’inspiration des scénaristes. Et voici donc les débuts de Punk Mamy, Perfecto et bagouzes punk, une redoutable dont la vie de famille a du plomb dans l’aile. Elle va mettre son nez là où il ne faut pas, la mamy de choc.

Punk Mamy Oscar est peintre, sa femme est morte mais il refuse d’accompagner son fils Yann-Yann sur sa tombe. C’est la mamy qui s’y colle et tombe sur une blondasse complètement azimutée qui percute son petit-fils en vélo. Une folle dingue. Yann-Yann s’interroge sur la retraite, un mystère à son âge, et à ces maisons comme Les Sapins qui accueille les personnes âgées. Les Sapins tiennent plus du goulag que du havre de paix. La mamy prend les choses en main et déboule aux Sapins avec Yann-Yann. Faux prétexte et menace municipale à l’appui, elle est dans la place et découvre tout l’horreur des lieux délabrés, des pensionnaires maltraités. La directrice n’est autre que la harpie en vélo. Surprise pour tout le monde, mamy retrouve parmi les morts-vivants Bob son amour de jeunesse.

Il faut dire que c’est Jean-Yves Lafesse qui est au scénario, un sacré critère et une belle efficacité de dialogues, d’ambiances et de personnages. Des débuts en fanfare. Alexis Chabert joue bien du crayon et a concocté une petite famille pas piquée des vers. Va y avoir du twist dans l’air aux Sapins. Mais que cache vraiment cette succursale concentrationnaire ? Suspense et bouche cousue. Et le Bob, il sort d’où ? C’est joyeux, léger quand même et la directrice des Sapins est une vraie synthèse, ignoble, dangereuse mais abominablement drôle. Le 3e âge a toute la vie devant lui. Très sympa.

Punk Mamy, Aux armes les doyens ! Jungle, 12,95 €

Aux armes les doyens !