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La Baronne du jazz, Pannonica la rebelle

Pannonica, riche héritière et épouse Rothschild, était une raide dingue de jazz. Ce qui lui a valu une vie compliquée, maîtresse du géantissime Théloniuos Monk. En écrivant sa biographie, La Baronne du jazz, Stéphane Tamaillon en trace, sous le crayon très prometteur de Priscilla Horviller dont c’est la première BD, un portrait émouvant, celui d’une femme intelligente, sensuelle, passionnée. Que l’on découvre, il faut le dire, et qui vaut le détour.

Elle est morte à 74 ans. Pannonica de Koenigswarter a grandi dans la soie en Angleterre dans la famille Rothschild. On est dans la banque et milliardaire en ce début des années 20. Pannonica a un papa qui aime les papillons d’où son prénom. En plus il est marrant Charles. Ce qui ne l’empêche pas de se suicider. Du coup Pannonica se rebelle contre la religion juive, celle de la famille. En 1929, elle a un précepteur qui joue du jazz au piano. Coup de foudre pour cette musique tout juste importée. Duke Ellington est en Angleterre et la jeune fille en extase. En pension, elle se fait des copines avec lesquelles elle écume les concerts de jazz et se prépare à un tour d’Europe au moment où en Allemagne un certain Adolf prend le pouvoir. Au passage elle rencontre le baron De Koenigswarter et l’épouse, apprend à piloter. Voyage de noce aérien et enfant à la clé avec en arrière fond antisémitisme. La guerre éclate et la France Libre de De Gaulle l’accueille avec son mari qu’elle suit à la piste jusqu’en Égypte. Elle sera décorée par le général en personne.

Un cas la Pannonica, courageuse et libre sur tous les fronts. Le jazz c’est surtout après la guerre et elle va se donner à lui. A défaut de son mari devenu ambassadeur. Avec Thelonious Monk roi du be-bop mais qui est marié d’où un ménage à trois assez surréaliste, Pannonica n’a pas fini de défrayer la chronique. Un combat et un roman, sa vie est une sorte de légende. Art Blakey, Gillepsie, Charlie Parker seront ses amis. Des morceaux porteront son nom. Mais le bonheur ne sera pas sa récompense. On est ému et subjugué par cet album étonnant.

La Baronne du jazz, La vraie vie de légende de Pannonica de Koenigswarter, Steinkis, 20 €

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