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Et à la fin, ils meurent, les contes c’est pour les grands

Il était une fois un joli petit conte entre amis où tout finissait bien, où ils étaient heureux et avaient beaucoup d’enfants. Ça c’est pour le version officielle, grand public, des Disney où la méchante sorcière a une sale tête et un sort funeste. Sauf que dans Et à la fin ils meurent on a, comme le dit le sous-titre de cet ouvrage iconoclaste, la sale vérité sur les contes de fées. Lou Lubie est à l’origine de ce travail de sape méticuleux, drôle, teinté d’un humour noir bien sûr et qui accumule les certitudes, les exemples le tout sur un petit trait léger mine de rien mais réaliste. Une démonstration que les gentils auteurs de contes pourraient bien être des grands méchants. Un cadeau de Noël qui mettra de l’ambiance autour du sapin.

Dès le départ le ton est donné. Les contes cucul sont en fait des drames affreux où on se tue, se dévore, se trompe et même flirte avec le porno. Damned, il était temps e le savoir. Même dans Cendrillon on mutile et on zigouille. Sans oublier que des versions de la belle endormie il y en a à la pelle. Grimm, Perrault, Basile et la suite. Donc, pour prendre cet exemple avec le paternel veuf qui se remarie et la pauvrette qui couche dans la cendre (Cendrillon CQFD), la gamine fait un sort à la belle-mère. Couic. Sauf qu’il y a un témoin, la couturière que le veuf épouse. Un arbre qui fait des robes, les fées, le prince, la pantoufle mais qui n’est pas à la bonne taille faut cisailler les petons, Cendrillon la cruelle règle ses comptes et ce n’est pas un conte charmant.

Après cet édifiant exemple on se rassure il y a 250 pages à lire pour tout savoir les méchants contes. On en viendra ensuite à leur origine, les variantes selon les pays, les époques. Et les contes pour adultes dont Basile au XVIIe siècle a été le précurseur. Perrault contre Grimm, Barbe-Bleue et Anne qui ne voit rien venir, Disney passé au crible face à Grimm et la liste des ses longs-métrages à succès, la réflexion de Lou Lubie est acérée, remet les pendules à l’heure et le petit chaperon rouge pas net dans le pré. Sans oublier les autrices de contes. Ben oui. Au total on sourit, on frémit, mais on est obligé s’y croire. Les contes c’est d’abord pour les grands.

Et à la fin, ils meurent, La sale vérité sur les contes de fées, Delcourt, 24,95 €

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