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La Force de vivre, à la vie à la mort

Parce que c’était lui, parce que c’était moi. C’est peut être la plus simple et belle définition de l’amitié. Ceux dont elle parle ce sont Montaigne et La Boétie, deux grands noms de la littérature française au milieu du XVIe siècle. La Boétie meurt. Montaigne sera inconsolable. Avec La Force de vivre, Laurent Astier parle aussi et avec quelle fougue, passion, émotion de l’amitié. Celle que lui Laurent en fin d’adolescence et ensuite éprouvera pour Cyril. Comme toujours l’amitié c’est le fruit du hasard. Mais avec Cyril même la maladie, la mort n’en viendra pas à bout. Le récit est quoiqu’on en pense un hymne au bonheur, celui qu’éprouvent en toutes circonstances deux amis à la vie à la mort. Le dessin d’Astier (La Venin) sublime sans excès le tout.

Cyril son copain, son ami, son frère, n’est plus là et pourtant Laurent arrive à être heureux. Cyril en serait lui aussi heureux mais le vide est toujours là. Laurent a des gosses, qui le tirent vers le haut mais une chanson vient rappeler le passé. Retour là où habitait Cyril, il reste un nom sur une plaque. Il faut aller là où Laurent habitait autrefois, rouvrir la plaie. Il a 20 ans, a fini ses études avec ses copains, Alex, Bo et Laurent un trio inséparable. Ils vont monter un studio graphique. Aplat en jaune et départ pour Chateauroux. On coupe le cordon familial. Colocation, on frappe à la porte et c’est le locataire d’à côté, Cyril, un sourire qui lui dévore le visage. Première poignée de mains avec Laurent. Cyril a une copine, Evelyne. Un pot, Cyril s’intéresse au trio, le courant passe et le trio lui raconte sa vie. Cyril travaille dans une boite de travaux publics et propose de faire embaucher Laurent. Cyril leur trouve une coiffeuse, fini les cheveux longs. Virginie coupe et Laurent flashe. Cyril et lui sont amis, ça y est, le yin et le yang, le blanc et le noir. Cyril joue de la guitare, Laurent doué lui dessine un logo pour son groupe rock Ladybird.

Une vie qui aurait pu être sans vraies anicroches, amitié et complicité. Ils ne font qu’un même pour la musique, la moto, Cyril c’est un peu Superman. Un accident léger pour Laurent mais Cyril lui a vu la mort de près et ce qu’il vit pour lui c’est du bonus. Sauf que Paris va venir faire faire une pause à cette amitié. La suite on s’en doute très vite. La première page de l’album donne visuellement la clé. La maladie complexe, dure va s’inviter. Mais c’est aussi ça l’amitié dans les pires moments. Astier a su simplement tout dire, tout montrer, la fatigue, les traitements, le cancer nous mettre les larmes aux yeux et pourtant permettre de croire en cette amitié qui sera plus forte que la mort. Un album superbe qui fait chaud au coeur, authentique et parfaitement maîtrisé par Astier.

La Force de vivre, Rue de Sèvres, 29,90 €

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