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Ketsudan, Le Cid au pays du Soleil levant

Avec Ketsudan, Julien Motteler (Bad Ass) et Mud sont allés se frotter au Cid en adaptant Corneille dans un Japon médiéval où le fantastique est aussi du voyage. Le plus étonnant dans cette vision asiatique est que le texte à la lecture se scande parfaitement sur les images au rythme des vers. Ketsudan est en japonais un mot qui désigne un choix capital ce qui dans Corneille l’est pour le moins. Le dessin de Motteler se tient bien. Rodrigue et Chimène en kimono ne choquent pas, bien au contraire.

Harumi fille d’Akitora seigneur invincible doit se marier avec celui qui sera choisit par sa famille. Natsumé fils d’un grand guerrier. Fuyusaru aime Natsumé. Tout pourrait être simple mais il y a un autre prétendant, Shion capitaine de la garde du Shogun, dirigeant et vainqueur de la guerre des Onis. Sans oublier son fils le prince héritier. Le spectacle peut commencer avec Harumi avec sa servante qui se baigne avec sa servante Emiko. Elle est son espionne et lui rapporte ce qu’elle a appris. Le père de Harumi est favorable à Natsumé. Elle hait par contre Shino qui porte un masqua car il a été défiguré au combat. Le père ne rejette pas quand même ce héros mais Natsumé à sa préférence. Fuyusaru a détruit les monstrueux ennemis dans une bataille grandiose. Son fils Natsumé ne peut être que de la même trempe. Fuyurasu père de Harumi est lui aussi valeureux. Et va être élu précepteur du prince héritier. Ce qui va agacer Akitora qui considère que c’est lui qui aurait être nommé. Il ne lui reste plus qu’à l’affronter en duel.

La lutte des pères va entraîner leurs enfants qui pourtant s’aiment dans une spirale infernale. « Ô rage, ô au désespoir, ô vieillesse ennemie. N’ai-je tant donc vécu pour vivre cette infamie ? » Et la suite bien sûr apprise par la plupart au lycée. Un classique revisité dans un cadre et des ambiances qui lui vont bien maîtrisé par un sens du devoir et de l’honneur extrême à la japonaise. Hara-Kiri en prime, normal. Vengeance et choix cornélien, ce qui est bien naturel. On lit le texte avec plaisir et les scènes, le trait se marient à merveille. Un petit côté manga (heureusement pas trop appuyé) mixé au franco-belge donne un résultat agréable et font de ce Ketsudan un album à découvrir absolument. Autre avantage, des très bons repères écrits dans les cases qui évitent de se perdre.

Ketsudan, 180 pages, Dargaud, 23,95 €

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