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Les Chevaliers d’Héliopolis, la fin du mystère Louis XVII

Alejandro Jodorowsky (Les Fils d’El Topo) ne se présente plus. Il revient en BD avec un héros tout ce qu’il y a de plus atypique. Louis XVII n’est pas mort au Temple. En prime il a été conditionné et formé par une mystérieuse société secrète, Les Chevaliers d’Héliopolis, qui donne son nom à la série. Et ce n’est pas tout. Jodorowsky, comme à son habitude, se lâche totalement dans cette aventure historique, fantastique, magique, un brin érotique, échevelée. Un mélange des genres compliqué que lui seul sait maîtriser sans dérouter ses lecteurs. Jérémy (Barracuda, La Complainte des landes perdues) a le dessin académique qui flamboie aux mots de Jodo. Un résultat séduisant qui charme par là où on pourrait lui reprocher de se laisser aller, une trop grand facilité scénaristique finalement assez baroque.

Il a le numéro 17 et met une tannée à un gorille énorme qui fait un malaise quand il découvre son adversaire nu. Qui est le numéro 17 ? Ni plus ni moins que le fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, le futur Louis XVII. Sauf qu’il a été allaité par sa nourrice, elle-même mère d’un garçon qui a quelques difficultés intellectuelles mais charme les rats. C’est ce bon Louis XVI qui serait père du bâtard. Arrive la Révolution et sa guillotine. On décapite papa et maman. Louis se retrouve au Temple dont il est extrait par le mystérieux docteur Fulcanelli. Le dresseur de rats prend sa place et sera égorgé par Marat. Cherchez qui est Charlotte Corday.

Des libertés historiques, il en prend Jodo et le dessin de Jérémy lui emboîte le pas. Tant mieux. On est dans une fantaisie héroïque qui ne revendique pas le label grande Histoire. On laisse quelques surprises à cette saga initiatique et possédée, curieux de savoir où il va embarquer le numéro 17 devenu le comte Asiamar après quelques initiations musclées et son arrivée chez Louis XVIII. A lire par plaisir, sans trop chercher une vraie logique à tout cela. Un héros à qui Jérémy a donné, et c’est voulu, un côté très sympathique visuellement.

Les Chevaliers d’Héliopolis, Tome 1, Nigredo, l’œuvre au noir, Glénat, 14,50 €

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