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Celle qui parle, Cortés, le Mexique et La Malinche

C’est en fait avant la lettre l’histoire d’une traductrice multilingues qui va jouer un rôle primordial dans la conquête de l’Amérique Centrale par l’Espagne. Celle qui parle, La Malinche, était-elle une collabo ou a-t-elle réussit à s’interposer grâce à sa maîtrise des langues locales afin d’éviter l’inéluctable, ou au moins l’atténuer, la disparition de son peuple et de bien d’autres par Hernán Cortés qui sera son amant ? Alicia Jaraba en signe une biographie étonnante car c’est une découverte cette Malinche au prénom de Malinalli qui en 1519 sera offerte aux Espagnols mais avant vivra esclave alors que fille de chef. Un dessin chaud et expressif, très vivant et porteur de sentiments.

1511, Malinalli voit les Mexicas venir à Oluta dans son village pour chercher ceux qu’ils vont sacrifier à leurs dieux. Malinalli devrait devenir la chef du village car elle est la fille de l’ancien cacique Yul mais l’empereur Moctezuma devient de plus ne plus exigeant en esclaves. Mixtle le cacique est faible. Les Mexicas ont enlevé sa sœur et elle apprend leur langue. Elle fait ses premières offrandes aux dieux alors que le cacique est prêt à donner plus d’esclaves en échange de nourriture. Malinalli serait née avec un grand destin selon celle qui lui apprend les pouvoirs des plantes. Mais une nuit belle est enlevée et vendue à des marchands d’esclave puis cédée à un cacique local. Elle apprend cette fois le maya. Ce n’est le début qu’une longue épopée.

Plus encore que les langues, c’est la vie quotidienne de ces femmes et hommes par encore sous tutelle qui sont un source de connaissances inattendues. Traditions, croyances, éducation, assimilation, Malinalli est vraiment un cas à part d’une rare intelligence et volonté. En 1519 les navires espagnols approchent et elle est en première ligne, comprend leur puissance malgré les batailles et se retrouve donnée en gage aux Conquistadors de Cortés. La suite est une nouvelle aventure, elle devient Marina et la concubine d’un Espagnol. On ne lâche pas cet album qui trace le portrait de ce qu’est la condition féminine à l’époque. La documentation a dû être lourde dont décrypter les rapports entre La Malinche et Cortés. Une vraie négociatrice, ambassadrice, Malinalli a sûrement été une des clés de la conquête par l’Espagne et va peser sur les décisions de Cortés avec qui elle formera un couple d’exception.

Celle qui parle, Grand Angle, 24,90 €

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