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Jean de Florette, la source maudite

La suite de la remarquable mise en images des œuvres de Pagnol, c’est cette fois au tour de Jean de Florette que le cinéma a largement aidé à remettre au goût du jour. L’adaptation de Serge Scotto et de Eric Stoffel est très fidèle au texte de Pagnol, plus développée et riche que le film. On va donc redécouvrir le destin du bossu des Bastides et de la famille Soubeyran avec bien sûr en toile de fond la petite Manon. Alex Tefenkgi est au dessin. On lui doit entre autres l’excellent Où sont passés les grands jours avec Jim.

Le papet César Soubeyran n’a plus qu’un neveu Ugolin. Ils sont riches et besogneux dans la famille. Aux Bastides ils sont des notables. Mais le papet il a de l’ambition pour son neveu qui lui aimerait se lancer dans la cultures des fleurs. Pour cela il lui faut une terre et si possible de l’eau. L’idéal ce serait la terre de Pique-Boufique, un malfaisant à la détente facile qui a tué un type qui relevait ses piège. Acquitté il n’hésita pas à se vanter de son crime. Le papet a bien essayé de le convaincre de lui vendre sa terre et lui a mis une volée. Depuis le Pique, il est gaga et finit par mourir. Sauf qu’il y a héritage et que c’est sa sœur Florette qui est la nouvelle propriétaire. Mais elle meurt aussi la Florette que la papet a bien connu jeune. Résultat c’est un bossu, un percepteur, Jean Cadoret qui touche le magot. Ugolin assiste à son arrivée et découvre que le bossu veut s’installer et cultiver la terre car il sait qu’une source existe non loin. Mais Ugolin l’a bouché volontairement avant qu’il n’arrive avec sa fille Manon et sa femme.

Le drame se met en place dans ce tome un. On découvre tous les détails qui font la force du texte de Pagnol et on comprend bien comment l’inéluctable va arriver. Manon n’aime déjà pas Ugolin. On sent le thym et le romarin de la garrigue. Le papet Soubeyran auquel Montand avait donné son visage est le personnage clé de ce Jean de Florette, première partie de l’Eau des collines publiée au début des années soixante. Mais ce sont d’abord les films de Pagnol qui sont sortis en 1952 donc bien avant le bouquin. Jacqueline Pagnol et Emmanuelle Béart seront les deux Manon des versions cinématographiques. Une adaptation parfaite, bien cadrée et dont les dialogues sont fidèles sans alourdir le très bon dessin de Tefenkgi.

Jean de Florette, Tome 1, Grand Angle, 16,90 €

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