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Anatole(s), à la vie à la mort

De Dans mon openspace à Amour, passion et CX diesel, en passant par le Monde, James en est arrivé à Anatole(s). Ce qui n’est pas un hasard car James est l’un de ces rares chroniqueurs de l’âme humaine capable de faire tout un plat bien mijoté de nos vies banales. Mais pas tant que ça banales, car James sait en tirer le meilleur, le loufoque, le bouleversant, l’incongru, le surréaliste, le tendre et parfois le mesquin. Anatole, c’est 80 ans de vie, de bonheur, de connerie, de tristesses, de joies, de vie et de mort. Classique mais à la James dont inattendu, en gags qui claquent, qui sidèrent, étonnent, et font mourir de rire. Mais on survit, provisoirement. Il réussit à décaler son propos, montrer le doux Anatole être victime passive de parents qui lui voient un avenir glaçant, une enfance chérie. Enfin, bon, Anatole(s) si il avait su… et nous aussi.

3,5 kg Anatole quand il nait. Ce qui fait cher le kilo dit sa mère qui voudrait bien qu’il soit un génie en couche-culotte, un pianiste, un chirurgien, mais pas un comique. Le bac à 9 ans et un cancer de la prostate à 15, c’est ça être précoce. Même si il joue avec des poupées, comme son papa se déguisait en fille. Papa qui n’est plus là, s’est barré avec une jeunette et sa maman en a pris un neuf plus vieux mais bourré de fric. Anatole serait-il un super méchant, un de ces littéraires incongrus dans notre monde sauvage ? Il apprend à manier l’ironie pour supporter la vie. Roi de la lose, il veut vivre sa vie quand il est ado, se loupe avec les filles. Diplômé son job est de déprimer de ne pas trouver du travail. Et après il n’en a pas fini avec la vie. Une belle-mère sexologue, un beau-père qui dépote comme tout bon jardinier.

On en passe évidement car il va falloir aller jusqu’à la fin, l’urne qui pèse autant que lui bébé. Entre-temps il en verra de toutes les couleurs. James place son Anatole dans toutes les situations possibles, les nôtres. Finalement, on rit mais jaune car c’est un miroir que nous tend James, avec humour et gentillesse. Anatole nous sommes, ce qui peut rassurer de ne pas être unique. Une fable à visions multiples et diablement attachante.

Anatole(s), Fluide Glacial, 12,90 €

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