On l’a dit dans la chronique de l’album. Dans Mystère à Champignac avec Sophie Guerrive au scénario Seccotine, une plaie dans le style colle (son prénom en est le nom d’une marque à l’époque très connue,) rejoint ses amis Spirou et Fantasio. Et le bon Pacôme avec ses champignons car l’album va devoir résoudre résoudre une enquête multi-spores. Espiègle, féministe avant l’heure elle avait fait ses débuts dans La Corne du rhinocéros. La jeune journaliste du Moustique concurrente de Fantasio découvrira aussi le nid de Marsupilamis. Elric rencontré au Festival de Sérignan dit comment Seccotine qu’il dessine avec beaucoup de talent est devenu un premier rôle. Propos recueillis par Jean-Laurent TRUC.
Un retour en arrière avec Seccotine qui a une place particulière dans l’univers de Franquin, comment on en est arrivé là ?
Elric : en fait c’est l’éditeur qui nous a demandé de faire un album de Seccotine qui se passe à Champignac. Et même un cycle de trois albums toujours à Champignac. C’est la contrainte éditoriale.
Pour le lien avec l’univers du comte, de Zorglub ?
Oui mais ce qui n’était pas dit c’est que dans les autres album faits par ailleurs il y a beaucoup d’action, c’est plus dur. Nous c’est soft, doux. Entre l’enquête et le récit intimiste.
Le déroulé ligne claire est un peu dans le style du repaire de la Murène ?
C’est Hergé qui m’a influencé à la base plus que Franquin hormis le Franquin des années 50. Là il n’y a pas vraiment de contraintes d’époque.
Seccotine est un personnage difficile à faire vivre ?
Pas du tout. Je connaissais bien sa personnalité.
Qui a fait le choix de votre association avec Sophie Guerrive ?
On se connait depuis très longtemps. A l’époque l’éditeur cherchait quelqu’un pour reprendre le scénario de Spirou et pourquoi pas Sophie Guerrive qui a repris la série principale dont La Mort de Spirou. L’éditeur savait qu’on aimait travailler ensemble et on avait fait un projet auto-édité. Sophie a proposé plusieurs titres pour une première aventure, en a choisit et on a beaucoup échangé, travaillé ensemble, dialogues, story-board.
C’est un album dont le lectorat actuel ne connait pas obligatoirement Seccotine.
Mais ça peut marcher comme ça sans le souvenir de ses anciens passages dans les Spirou. Un nouveau contexte. Elle vient de déménager.
Elle repart dans un nouveau monde, elle est journaliste bien sûr et Fantasio lui donne un reportage à faire, un lien visuel.
C’est l’éditeur je crois qui l’avait suggéré. Il avait une idée de l’univers. Un nouveau départ.
Seccotine a une copine, un faire valoir qui est son antithèse.
Seccotine c’est une vielle marque de colle et la copine Colette, clin d’oeil.
Vous avec fait un melting pot, le lieu, Pacôme, les champignons, une enquête, c’est le début d’une série ?
Il y a trois tomes prévus comme je vous l’ai dit. On n’a signé que pour un et cela dépendra des ventes. On sera cette fois dans le deux qui est en marche sur 48 pages.
Ce qui est rigolo c’est que pour un fan de Franquin il y a tout le monde dans cet album cette fois. Spip, Gaston, Spirou, Fantasio, Jérôme le policier de Champignac (ex zorglubisé). Combien de temps vous avez mis à le faire?
Au moins deux ans car j’étais sur un Iznogoud et la couleur restauration de l’intégrale Franquin.
Seccotine n’est pas fiancée.
Et ne le sera pas car on reste sur du soft, enfantin. On n’a pas besoin de ça.
Vous avez travaillé de quelle façon ?
Deux planches à l’encre, pas les premières en fait et le reste sur Ipad car je me déplaçais beaucoup, on refaisait les pages souvent
Et hormis la suite de Seccotine vous avez quoi en train ?
J’ai un album dans les tiroirs pour Casterman qui sortira début 1927. Et le tome 2 de l’intégrale Spirou. Plus Seccotine 2. A voir comment tout s’articulera. J’ai pris l’habitude travailler dans les temps inutiles d’attente.
Pas de statuette ou de tirage de tête de la jeune femme ?
Non. Il y en a déjà eu. Je crois qu’il y a une rupture entre le lectorat collectionneur et le nouveau lectorat. Le public évolue, les prix montent. Et en France par contre avec Seccotine il y a beaucoup d’enfants lecteurs qui accrochent avec une intrigue simple. Comme chez Franquin. C’est clair comme histoire hormis peut-être la Mauvaise tête plus polar ou Spirou et les héritiers.
Avec ce Seccotine on se retrouve de suite dans un univers instinctivement familier.
Oui mais les avis sont contradictoires mais c’est normal. Sophie Guerrive s’est bien amusé et moi aussi, je me suis appuyé sur la couverture de Il y a un sorcier à Champignac pour le Mystère.
Seccotine T1, Mystère à Champignac, 56 pages, 13,50 €
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