Les Nibelungen sont un monument incontournable de la culture germanique et mis à toutes les sauces dont les pires. Une division SS a porté ce nom. Et bien sûr il y a eu l’opéra de Wagner L’Anneau du Nibelung ( Der Ring des Nibelungen). Avec Hild, Veerle Hildebrandt met en vedette les femmes des Nibelungen car en réalité ce sont Ceux de la brume ou Ceux du monde d’en bas les Nibelungen, des nains des légendes germaniques qui possédaient de grandes richesses extraites de leurs mines en dessous des montagnes, là où ils habitaient. Tout commence donc en Burgondie vers l’an 510 qui comprend la Bourgogne, la Franche-Comté, le sud de l’Allemagne et de la Suisse avec en prime la Vallée du Rhône. Autant savoir où on met les pieds. Une fresque romanesque passionnante, épique et dramatique soutenue par un dessin construit et séduisant par sa richesse graphique, son émotion.

La princesse Kriemhild est un garçon manqué qui piste sa gouvernante Bertha sous les yeux du prince Gunther. La reine Ute mère de Kriemhild veut la marier alors qu’elle veut devenir reine ou gouverneur. Place aux femmes. Son père le roi Dankwart lui présente le jeune Dietrich qui est son fiancé en puissance. Il a pour précepteur Maître Hildebrand. Hagen est le conseiller de la princesse et éminence grise de la cour. Avant de pouvoir un jour régner il y a avant Kriemhild, Gunther, Giselher, Gernaud. Pas gagné mais très vite le roi meurt et laisse des volontés précises qui mette la jeune fille sous autorité de ses frères avec mariage obligatoire pour le bien de la Burgondie. Elle découvre l’histoire du beau Siegfried tueur de dragons qui va se pointer, roi des Nibelungen une puissante armée itinérante. Toute la famille de Kriemhild est sous le charme du héros aussi sensible qu’un sanglier. Elle flippe la belle mais compte bien tirer son épingle du jeu.
On est dans un environnement dur, difficile où les femmes sont sacrifiées, des jouets pour des hommes sans scrupules par jeu du pouvoir. La saga de Kriemhild est une succession de manipulations, de crimes avec en tête Brunehilde qui elle tue autant qu’un homme et veut être reine, ce qui arrivera. Ensuite les péripéties s’accumulent et Brunehilde tient la rampe. On aura aussi Attila dans le décor. Cet album est un cas d’espèce qui mérite le succès sur tous les plans. On dirait par moment du Dumas en Burgondie mais en plus violent. Anspach a encore fait le bon choix.
Hild, Editions Anspach, 27,50 €




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