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Goetz, le diable et le bon dieu

Association de deux auteurs au réel talent pour une saga exubérante qui sort de l’ordinaire. Goetz est signé par Fane au scénario et Didier Cassegrain au dessin dont on a toujours apprécié l’envolée graphique. De la SF avec expédition terrienne sur une autre planète qui a ses peuplades, co-existence ambigue car les Terriens se croient des modèles de vertus. Mais on ne se refait pas, colonisation déguisée et asservissement d’où gros conflit bien sanglant. Le roi de la fête c’est Goetz qui n’est pas non plus tout à fait étanche. Un gros OVNI cet album dos toilé.

Vaisseaux spatiaux, arrivée sur une planète, construction, colons et des autochtones pas très évolués qui ont peur. On se rencontre, on palabre, une terre nouvelle que les dieux viennent de faire naître. Trente ans plus tard les tribus se soulèvent, attaquent les convois. Surgit un guerrier Goetz surnommé le bâtard. Des stations de colons sont dévastées, le technologie impuissante. Goetz s’oppose à son frère Conrad qu’il trahit pour l’héritage de leur père. Il a une esclave qu’il garde enchaînée et qui pourtant lui tient tête. Torture morale et arrivée de vaisseaux spatiaux, les Terriens ont décidé de passer en mode offensif sur ordre de la gouverneur qui en a assez de la guérilla des indigènes. Un agent chimique est répandu bien que les Terriens se considèrent comme des invités sur la planète. Un agent discret, dévastateur et pour lequel il faut un vaccin. Dans son véhicule l’Eclaireuse apporte le corps d’une petite fille à Heinrich un médecin qui dirige un camp de secours. L’enfant a été tuée par le poison répandu. Ce qui passe pour une épidémie pourrait bien être un génocide. Goetz se prépare au carnage.

Un peu complexe l’histoire avec des états d’âme multiples, sur des descriptions qui durent. Sur le fond on revient effectivement à la notion de colonie et on y ajoute un Covid sur mesure. Avec en prime des dieux ailés qui tirent les ficelles et discutent avec Goetz, Jupiter pas loin. On parle beaucoup et on se demande de plus en plus souvent pourquoi tout ces albums surpaginent et flirtent souvent inutilement avec les 200 pages. Mais c’est un autre sujet. Pat Perna que l’on connait bien, en fin d’album fait parler Fane sur son adaptation très libre du livre de Sartre, le Diable et le bon Dieu. Qu’est ce que le bien et le mal ?

Goetz, 184 pages, Glénat Comix Buro, 29 €

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