Un nouvel épisode de cette série décapante à souhait Faut pas prendre les cons pour des gens. Emmanuel Reuzé avec Bernstein, Haudiquet et Rouhaud ont fait acte militant en s’associant à la Fondation pour le Logement. Des SDF et un humour noir, grinçant pour montrer en quelques cases la détresse et la réalité de gens dans la rue. Charline Vanhoenacker, journaliste et humoriste, signe la préface et confirme que rarement la Bd avait poussé aussi loin la mécanique de la satire sociale. Cinq albums en tout avec des gens, des cons, des rires parfois jaunes, on dénonce mais on se marre. Mais les politiciens, les blindés de pognon sont bien là aussi mais mieux vaut en rire. De toute façon ils s’en moquent. Se battre contre les inégalités, conserver la dignité de chacun, un programme qui se tient et dans lequel on espère.
Le SDF méritant, celui qui ne gaspille rien, école du néant se retrouve statufié. Bien mérité et un modèle pour les jeunes. Vive la rue et le trottoir, enfin pour dormir, pas le faire. Et puis il y a une hiérarchie chez les SDF qui peuvent faire grève. Tout en ne prenant jamais moins de 20 euros. Comme les robots eux-aussi des SDF en puissance, déclassé et qui mendient en concurrençant les SDF. On se recycle dans la robotique et la Police d’adapte pour ses contrôles au faciès. Expulsons les sans papiers et pour cause car on les mange. Les papiers bien sûr évitons si possible le cannibalisme. La chasse aux meilleures poubelles, une nouvelle application pour SDF s’occupe de tout. Même des médicaments. Et le sans javel, plus habitués les SDF. Il leur faut leur dose sur la nourriture périmée. Le summum, HEC, Hautes Etudes pour Clochards, l’élite des SDF sinon rien. L’argent peut-il acheter la mort ? Allez savoir au point où on en est.
Que du bonheur dans le malheur, des pages scandées par des images répétitives et des dialogues qui racontent. On ne boude pas son plaisir avec tout ces petits pauvres comme disait ma grand-mère. Même si on lui payé son bac, un môme peut être très con. Vive la salon de l’habitat et le carton d’emballage aménagé. Brillant ce Reuzé, un ex SDF qui a réussi ? A noter que pour un album acheté 2 euros sont reversés à la Fondation du Logement des Défavorisés.
Faut pas pendre les cons pour des gens, 64 pages, Fluide Glacial, 14,90 €
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