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Vincent, le parcours d’un saint face aux tumultes de son siècle

Au milieu du XVIIe siècle, Monsieur Vincent, prêtre dévoué et futur canonisé devenu Saint Vincent de Paul, exerçait avec passion, humilité et une foi en Dieu à toute épreuve son ministère à Paris. Avant d’aller faire un tour comme aumônier sur les tristement célèbres galères royales. En romançant partiellement son parcours, Jean Dufaux en a écrit avec ce one-shot une version intelligente, émouvante, ciselée en dialogues sur un dessin inspiré et en harmonie de Martin Jamar dont on avait particulièrement aimé Les Voleurs d’Empire et Double Masque toujours avec Dufaux.

En 1634, Paris est rempli de pauvres gens qui meurent de faim, de froid et le père Vincent de Paul réussit à se faire aider par les grands du royaume dont la famille De Gondi. Il veut sauver la jeune Marion qui se prostitue et va la racheter pour 6000 livres à un ancien officier. Un jeune homme connu de Vincent est assassiné. Jérôme était en réalité le bâtard de l’épouse d’un puissant personnage. Vincent et Jacques de Prémontal vont enquêter sur la mort de Jérôme qui avait défie le roi des gitans. Vincent avait réussi à le soustraire à la vengeance du criminel. Mais d’autres ont pris Jérôme pour cible dont le redoutable la Couture qui va s’en prendre aussi à Vincent.

Des aventures épiques, riches en couleur où le roi de France Louis XIII est au générique (Vincent l’a accompagné mourant), des spadassins truculents, ce Vincent a bénéficié hormis du talent de Jean Dufaux maître conteur des conseils éclairés de Marie-Joëlle Guillaume biographe de Saint Vincent. Le Paris du XVIIe est bien rendu, cloaque où l’on se perd dans tous les sens du terme. La petite touche polar du récit apporte un ton intéressant. Mais comme le dit dans sa préface Dufaux, pour certains de ses lecteurs, le film Monsieur Vincent reste  la référence avec un inoubliable Pierre Fresnay (longtemps après Marius ou La Grande Illusion) dans le rôle de ce prêtre au grand cœur. Sans oublier l’album de Reding, Monsieur Vincent l’ami des pauvres au Lombard. On dira aussi que Jamar a  dans son dessin un petit côté Griffo qui ressort mais c’est, bien sûr, une qualité qui n’enlève rien à son propre talent.

Vincent, Un saint au temps des mousquetaires, Dargaud, 14,99 €

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